Les notes en un coup d'oeil

12/20 JoueurLibre
78/100 Metacritic (presse)
68% Steam (joueurs)

Points forts

  • La fusion, une vraie idée qui donne à l'exploration ses raisons d'être
  • Un bestiaire adorable qui pousse à voir la région suivante
  • Un moteur solide, des biomes sans coupure et une belle distance d'affichage
  • Gratuit, sans tirage aléatoire pour les créatures, retiré après la bêta
  • Généreux en activités, camping-car à aménager, coopération, Chasse aux œufs
  • Le jour, la nuit et la météo qui décident des apparitions rares

Points faibles

  • Une structure recopiée sur Genshin Impact et Breath of the Wild, sanctuaires compris
  • Des captures acquises d'avance dès qu'on arrive de dos ou de nuit
  • Un combat sans impact ni difficulté
  • Une interface saturée de sous-menus, de pastilles et de récompenses à réclamer
  • Une boutique qui vend aussi de l'accélération vers des objets rares
  • Un scénario en jargon, des personnages d'une candeur pénible
  • Une jauge d'endurance trop courte qui coupe les vols au début
  • Des Alphas qui réapparaissent quelques secondes après leur défaite
  • Pas de voix françaises, textes seulement

Idyll et l'institut Polaris

Aniimo est un monde ouvert gratuit où l'on capture des créatures. La collection vient de Pokémon, la structure de Genshin Impact, et le studio chinois Pawprint, fondé à Hangzhou en 2023, a visiblement eu les moyens de ses ambitions. Le joueur est un Nomade que l'institut Polaris envoie sur Idyll pour étudier la faune, ce qui veut dire la capturer. Deux créatures légendaires, l'une liée au Soleil, l'autre à la Lune, tiennent l'équilibre du continent, et cet équilibre se dérègle dès le prologue. Le premier compagnon se choisit entre ces deux lignées, comme un starter. Le cadre est posé proprement et les cinématiques sont soignées. Ensuite le scénario s'enfonce dans un jargon de laboratoire, des clichés de série d'animation et des personnages d'une candeur qui use vite. Les voix sont correctes, en anglais, en japonais, en chinois ou en coréen, le français n'existe qu'en textes. La création de personnage propose si peu d'options que tout le monde joue le même adolescent lisse. Au bout de quelques heures, nous passions les dialogues.

Capture d'écran

La fusion change la façon de traverser Idyll

La fusion est ce qui distingue Aniimo de ses modèles. On ne regarde pas ses créatures se battre, on ne fait qu'un avec elles, et le corps emprunté décide de ce que l'on peut faire. Avec l'une on plane, avec une autre on nage ou l'on creuse, chacune avec ses capacités et son point de vue. La bascule tient en un bouton et elle donne à l'exploration une raison d'être. On compose son équipe selon le relief, on change de monture au bord d'une falaise, on creuse sous un rocher pour atteindre un coffre, et les énigmes de terrain demandent la bonne créature au bon moment. Le bestiaire est adorable d'un bout à l'autre. Il entretient l'envie d'aller voir qui vit dans la région suivante, d'autant que le jour, la nuit et la météo décident de l'apparition des spécimens rares. La jauge d'endurance, si courte au début qu'elle coupe les vols en plein ciel, transforme les premières heures en surveillance de barre bleue. Le monde lui-même recopie Genshin Impact et Breath of the Wild jusque dans ses sanctuaires, dont les épreuves scolaires se traversent sans surprise.

Capture d'écran

Des captures sans traque

La capture se fait avec des Aniipods et des pièges. Une cible prise de dos ou surprise dans son sommeil est acquise à coup sûr, et l'on enchaîne les prises par dizaines en quelques minutes sans qu'aucune ressemble à une chasse. Les Alphas, des versions renforcées qui gardent une zone, demandent d'abord d'être affaiblis. Ils offrent les seuls affrontements tendus des premières régions, avec des attaques variées à esquiver, puis ils réapparaissent quelques secondes après leur défaite, avant même qu'on ait ramassé le butin. Le combat en temps réel se joue avec quatre créatures que l'on permute à la volée. Les combinaisons élémentaires sont agréables sur le papier, mais les coups manquent d'impact et la difficulté ne vient jamais. On finit par cogner sans réfléchir, dans un genre où d'autres ont montré que la capture pouvait être un jeu en soi.

Capture d'écran

L'héritage mobile dans les menus

Les créatures ne passent par aucun gacha. Il y en avait un pendant la bêta, la légendaire Irisalis y coûtait cher et se laissait rarement attraper, et Pawprint l'a retiré avant la sortie après la levée de boucliers des testeurs. Toutes les bêtes s'obtiennent sur le terrain. Le modèle ressemble à celui de Warframe, avec un passe de combat facultatif, un passe mensuel, des cosmétiques et des accélérateurs de confort. La boutique vend aussi de quoi accéder plus vite à des objets rares, et les avis Steam les plus durs parlent de paiement pour gagner. L'interface porte la marque du marché mobile plus encore que la boutique. Les sous-menus, les pastilles et les récompenses à réclamer, connexion du jour, missions, événements, ramènent sans cesse au menu alors qu'on voulait jouer. On peut tout ignorer, et le jeu est généreux, avec un camping-car à aménager qui sert de base, des cultures à planter, des modules d'entraînement, une coopération en ligne et un mode Chasse aux œufs à trois joueurs sur des îles à part. Il faut seulement aller chercher tout cela sous les notifications.

Capture d'écran

Un beau moteur et un jeu qui s'essouffle

Techniquement, Aniimo tient sa promesse. Les biomes se succèdent sans coupure, la distance d'affichage est large, la fluidité tient sur console comme sur un PC correctement équipé, et le passage d'une créature à l'autre ne bloque jamais l'action. Il reste des compagnons qui titubent derrière le joueur, de l'affichage tardif et un doublage parfois étouffé, rien qui pèse face à l'usure de la boucle. Après une dizaine d'heures, une fois la fusion apprivoisée et le bestiaire des premières régions dans la poche, on a vu ce que le jeu avait à proposer. La suite répète le même motif, un sanctuaire, une capture facile, un Alpha, une quête principale qui avance au ralenti, un retour au menu pour réclamer trois récompenses. La presse a plutôt bien accueilli le jeu, avec un Metacritic à 78, et les joueurs Steam sont partagés, 68 % d'avis positifs sur plus de dix mille. L'écart se lit dans la monétisation et dans la lassitude. Aniimo est un bac à sable gratuit, joli, avec une idée neuve et des créatures réussies, et il remplit ce contrat. L'aventure qui ferait oublier Pokémon est ailleurs. Celle-ci reste un élève appliqué, sans l'âme qui ferait revenir le lendemain.

Pour qui ?

Ceux qui veulent un monde ouvert gratuit, joli et détendu, pour collectionner des créatures et essayer la fusion sans rien débourser.

Pas pour qui ?

Ceux qui attendent une traque, un combat exigeant ou une histoire qui tienne, et ceux que les menus de jeux mobiles font fuir.

Données du jeu

StudioPawprint Studio
ÉditeurPawprint Studio
Date de sortie15 septembre 2026
PlateformesPC, PlayStation 5, Xbox Series X|S, Mobile
Metacritic 78/100
Steam 68% d'avis positifs