Jaquette de Assassin's Creed Unity sur Xbox Series X

Test d'Assassin's Creed Unity sur Xbox Series X

Douze ans après un lancement raté, Unity tourne à 60 images par seconde sur Xbox Series X. Campagne, Dead Kings, failles Helix et récits.

Publié le 5 min de lecture Action-aventure Infiltration Monde ouvert
14/20
Bon jeu La note de JoueurLibre
Durée ~17 h 69 h pour le 100 %
Prix 29,99 € constaté au jour du test
Sortie 2014 11 novembre 2014
Ce qu'en pensent les autres
JoueurLibre 14/20
Presse (Metacritic) 72/100
Joueurs (Steam) 78 %
Communauté (IGDB) 7.2/10

On aime

  • Le Paris de la Révolution, toujours la plus belle ville de la série, intérieurs compris
  • Des foules de plusieurs milliers de figurants, enfin fluides à 60 images par seconde
  • Les assassinats ouverts, avec plusieurs approches et des occasions à débloquer
  • Un combat exigeant qui rend l'infiltration réellement utile
  • Élise, l'un des meilleurs personnages de la saga, et un doublage français complet
  • Dead Kings, une extension sombre et bien rythmée, gratuite pour tous
  • Les failles Helix, sept courses courtes dans un Paris de 1898, de 1944 et du Moyen Âge
  • Les récits de Paris et les clubs sociaux, qui donnent une raison d'aller partout
  • Un prix qui tombe régulièrement sous les dix euros

On regrette

  • La Révolution reste un décor derrière une histoire de vengeance
  • Une lecture des mouvements qui a vieilli, avec des accrochages de parkour et des portes traversées
  • Un rendu mesuré autour de 1600p sur Series X, loin de la 4K annoncée
  • Un niveau de détail qui apparaît parfois sous les yeux et des textures d'intérieur inégales
  • Les missions Compagnon, vestiges de l'application mobile, sans intérêt
  • Les missions coopératives et les vols, pensés pour plusieurs et pénibles seul
  • Les traces des Crédits Helix et des coffres verrouillés de l'époque
  • Dead Kings à télécharger à part sur la boutique

Le jeu que 2014 n'avait pas su livrer

En novembre 2014, Assassin's Creed Unity est arrivé sur PS4 et Xbox One dans un état que la série n'avait jamais connu. Des visages manquaient, des passants restaient plantés dans les murs, et la fluidité tombait sous les vingt images par seconde dès qu'une foule remplissait l'écran. Ubisoft a présenté ses excuses, offert l'extension Dead Kings à tout le monde et retiré le passe de saison de la vente. Nous avions posé la manette après quelques heures, comme beaucoup, sans jamais y revenir.

Nous y sommes revenus douze ans plus tard sur Xbox Series X, après la mise à jour du 5 mars 2026 qui fait tourner le jeu à 60 images par seconde avec une résolution relevée. La ville respire, la caméra suit, les chargements durent quelques secondes, et les foules qui étouffaient les consoles de l'époque sont devenues le meilleur argument du jeu.

Digital Foundry a mesuré un rendu autour de 1600p sur Series X, en dessous de la 4K annoncée par Ubisoft, et un écran à taux de rafraîchissement variable aide à lisser les derniers à-coups. Il reste un niveau de détail qui se charge parfois sous les yeux et des textures d'intérieur inégales. Pour qui a connu la version de lancement, le jeu est enfin terminé.

Assassin's Creed Unity sur Xbox Series X, capture d'écran

Paris à hauteur de toit

Le Paris d'Unity reste en 2026 la plus belle ville que la série ait construite. Notre-Dame, la Sainte-Chapelle, le palais du Luxembourg, les Tuileries et la Bastille sont posés à une échelle proche du réel, et on passe des toits aux ruelles puis aux intérieurs sans écran de chargement.

Les appartements, les églises, les tavernes et les salons s'ouvrent au fil de la course, avec leurs habitants, leur mobilier et leur lumière. Les foules comptent des milliers de figurants qui manifestent, chantent, pillent une boutique ou regardent une exécution. À 60 images par seconde, elles cessent d'être un fardeau technique pour devenir une matière de jeu, où l'on se fond, où l'on sème une patrouille et où l'on suit une cible.

La lumière change avec les heures, la pluie fait luire les pavés, et le Marais n'a ni la densité ni la couleur du quartier Latin. Le parkour a gagné la descente contrôlée, qui évite les sauts dans le vide, et lit les façades plus précisément que dans les épisodes précédents. Arno s'accroche encore de temps en temps à une corniche qu'on ne visait pas.

Arno entre les deux camps

Arno Dorian grandit à Versailles. Son père, un Assassin, est tué sous ses yeux, et François de la Serre, Grand Maître des Templiers, le recueille. Sa fille Élise devient l'amour de la vie d'Arno. Le meurtre de ce père adoptif envoie Arno à la Bastille, puis chez les Assassins, et le jeu déroule une vengeance à deux voix, Arno cherchant les coupables du côté de la Confrérie, Élise du côté de l'Ordre. La Révolution sert de décor plus que de sujet. Le reproche fait au scénario en 2014 tient toujours, puisque les États généraux, la Terreur et Robespierre passent à l'arrière-plan pendant qu'Arno règle des comptes personnels.

Pris pour ce qu'il est, un récit d'espionnage amoureux dans un Paris en feu, il fonctionne pourtant très bien. Élise compte parmi les meilleurs personnages de la saga, drôle, entêtée, jamais réduite au rôle de faire-valoir, et les scènes à deux ont une écriture que la série a rarement retrouvée depuis. Le doublage français est complet et d'un bon niveau, ce qui compte dans un jeu qui se passe à Paris. Le dernier tiers, du Temple à la conclusion, pèse encore une fois le générique passé.

Des assassinats à choix multiples

Unity a légué l'assassinat ouvert à Syndicate, à Origins et jusqu'à Mirage. Chaque cible majeure occupe un lieu fermé, église, palais ou foire, et le jeu laisse choisir l'approche. On débloque des occasions en écoutant une conversation, en volant une clé, en libérant un prisonnier ou en empoisonnant un plat. Foncer se paie vite, parce que le combat est le plus exigeant de la série avant Origins, avec des parades à placer au bon moment, des adversaires qui attaquent ensemble et une barre de vie qui fond dès que trois gardes s'en mêlent. La discrétion devient la voie naturelle.

Pour la première fois dans la saga, on s'accroupit, on se cache derrière une caisse, on lance une bombe fumigène ou une lame fantôme depuis une poutre.

L'équipement se choisit selon son style, entre furtivité, mêlée et distance, avec des tenues qui modifient vraiment les statistiques. La progression passe par des points de synchronisation gagnés en mission, à dépenser dans des talents comme le crochetage, le double assassinat ou la chute contrôlée. On sent encore l'obsession de l'époque pour les Crédits Helix et les coffres verrouillés, mais tout se gagne en jouant, et l'argent ne manque plus une fois le Café-Théâtre rénové.

La lecture des mouvements a vieilli. Arno traverse parfois une porte au lieu de s'y arrêter, ou grimpe sur un tonneau alors qu'on voulait s'accroupir derrière, et une infiltration propre peut se terminer sur une bêtise d'animation. C'est agaçant, sans nous avoir jamais fait lâcher une mission.

Assassin's Creed Unity sur Xbox Series X, capture d'écran

Les récits de Paris et les clubs sociaux

La ville est pleine, et cette fois nous l'avons presque vidée. Les récits de Paris sont de petites quêtes en un ou deux chapitres qui croisent les figures du temps, le marquis de Sade, Madame Tussaud, ou Mademoiselle Lenormand et sa quête de l'élixir de Nicolas Flamel. Elles ne visent jamais haut, mais elles donnent une raison d'aller voir un quartier, une cour, une catacombe. Les clubs sociaux, un café par quartier à rénover, ouvrent chacun une poignée de missions courtes, une cible à retrouver ou un objet à reprendre, qui se bouclent en dix minutes et paient bien.

Les failles Helix ont été la bonne surprise. Ce sont sept courses contre la montre dans un Paris qui n'est plus celui d'Arno, la Belle Époque avec la tour Eiffel et ses dirigeables, le Paris occupé de 1944 ou le Moyen Âge, où il faut ramasser des données avant la fin du chrono. Elles durent quelques minutes, se rejouent volontiers, et le décor vaut chaque fois le détour.

Les missions Compagnon sont un reste de l'application mobile de 2014, débloquées dans le jeu depuis une mise à jour de février 2015. Ce sont des cibles sans histoire pour quelques livres, et nous en avons fait trois ou quatre avant de laisser tomber sans regret. Restent les meurtres mystérieux et les énigmes de Nostradamus pour qui veut prolonger, ainsi que les missions coopératives et les vols, jouables seul en partie privée mais pensés pour trois ou quatre.

Dead Kings et les cryptes de Franciade

L'extension, offerte à tous après le lancement raté, se joue après la campagne. Elle envoie Arno à Saint-Denis, rebaptisée Franciade par la Révolution, une petite ville sombre et boueuse dominée par la basilique et ses tombeaux royaux profanés. Le ton change, plus gothique, presque horrifique par endroits, avec des catacombes envahies de chauves-souris qu'on chasse à la lanterne et une bande de pilleurs qui fait régner sa loi. On y croise un gamin, Léon, le marquis de Sade encore lui, et un jeune officier nommé Bonaparte qui veut mettre la main sur ce qui dort sous la basilique.

L'extension apporte le fusil-guillotine, une arme absurde et réjouissante qui tire des obus et sert de hache. Elle se boucle en trois ou quatre heures en prenant le temps des annexes. Ce très bon complément, mieux rythmé que certaines séquences de la campagne, donne à Arno une conclusion plus douce que le final du Temple. On regrette qu'il ait fallu un lancement raté pour qu'il soit gratuit, et qu'il faille encore aujourd'hui le télécharger à part sur la boutique.

Assassin's Creed Unity sur Xbox Series X, capture d'écran

En résumé

14/20 Bon jeu

Pour qui

Ceux qui ont lâché Unity en 2014 et veulent voir ce que donne le Paris de la Révolution à 60 images par seconde, et les amateurs d'infiltration qui aiment préparer un assassinat.

Pas pour qui

Ceux qui attendent une fresque historique sur la Révolution, ou qui ne supportent plus les petits accrochages de parkour des Assassin's Creed d'avant Origins.

Fiche technique

Studio
Ubisoft Montréal
Éditeur
Ubisoft
Sortie
11 novembre 2014
Durée principale
17 h
Durée 100 %
69 h
Metacritic
72/100
Steam
78 % d'avis positifs
Prix indicatif
29,99 €
Plateformes
PC, PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X|S, Xbox One
Genres
Action-aventure, Infiltration, Monde ouvert

Dans le même esprit

Tous les tests