Les notes en un coup d'oeil

16/20 JoueurLibre
72/100 Metacritic (presse)
78% Steam (joueurs)

Points forts

  • Le Paris de la Révolution, toujours la plus belle ville de la série, intérieurs compris
  • Des foules de plusieurs milliers de figurants, enfin fluides à 60 images par seconde
  • Les assassinats ouverts, avec plusieurs approches et des occasions à débloquer
  • Un combat exigeant qui rend l'infiltration réellement utile
  • Élise, l'un des meilleurs personnages de la saga, et un doublage français complet
  • Dead Kings, une extension sombre et bien rythmée, gratuite pour tous
  • Les failles Helix, sept courses courtes dans un Paris de 1898, de 1944 et du Moyen Âge
  • Les récits de Paris et les clubs sociaux, qui donnent une raison d'aller partout
  • Un prix qui tombe régulièrement sous les dix euros

Points faibles

  • La Révolution reste un décor derrière une histoire de vengeance
  • Une lecture des mouvements qui a vieilli, avec des accrochages de parkour et des portes traversées
  • Un rendu mesuré autour de 1600p sur Series X, loin de la 4K annoncée
  • Un niveau de détail qui apparaît parfois sous les yeux et des textures d'intérieur inégales
  • Les missions Compagnon, vestiges de l'application mobile, sans intérêt
  • Les missions coopératives et les vols, pensés pour plusieurs et pénibles seul
  • Les traces des Crédits Helix et des coffres verrouillés de l'époque
  • Dead Kings à télécharger à part sur la boutique

Le jeu que 2014 n'avait pas su livrer

En novembre 2014, Assassin's Creed Unity est arrivé sur PS4 et Xbox One dans un état que la série n'avait jamais connu. Des visages manquaient, des passants restaient plantés dans les murs, et la fluidité tombait sous les vingt images par seconde dès qu'une foule remplissait l'écran. Ubisoft a présenté ses excuses, offert l'extension Dead Kings à tout le monde et retiré le passe de saison de la vente. Nous avons posé la manette après quelques heures, comme beaucoup, et nous n'y sommes pas revenus. Le retour a eu lieu douze ans plus tard sur Xbox Series X, après la mise à jour du 5 mars 2026 qui fait tourner le jeu à 60 images par seconde avec une résolution relevée. La ville respire, la caméra suit, les chargements durent quelques secondes, et les foules qui étouffaient les consoles de l'époque sont devenues le meilleur argument du jeu. Digital Foundry a mesuré un rendu autour de 1600p sur Series X, en dessous de la 4K annoncée par Ubisoft, et un écran à taux de rafraîchissement variable aide à lisser les derniers à-coups. Il reste un niveau de détail qui se déclenche parfois sous les yeux et des textures d'intérieur inégales. Pour qui a connu la version de lancement, c'est un jeu enfin terminé.

Capture d'écran

Paris à hauteur de toit

Le Paris d'Unity reste en 2026 la plus belle ville que la série ait construite. Notre-Dame, la Sainte-Chapelle, le Palais du Luxembourg, les Tuileries et la Bastille sont posés à une échelle proche du réel, et l'on passe des toits aux ruelles puis aux intérieurs sans écran de chargement. Les appartements, les églises, les tavernes et les salons s'ouvrent au fil de la course, avec leurs habitants, leur mobilier et leur lumière. Les foules comptent des milliers de figurants qui manifestent, chantent, pillent une boutique ou regardent une exécution. À 60 images par seconde, elles cessent d'être un fardeau technique et deviennent une matière de jeu, on s'y fond, on y sème une patrouille, on y suit une cible. La lumière change avec les heures, la pluie fait luire les pavés, et le Marais n'a ni la densité ni la couleur du quartier Latin. Le parkour a gagné ici la descente contrôlée, qui évite les sauts dans le vide, et une lecture des façades plus précise que dans les épisodes précédents. Arno s'accroche encore de temps en temps à une corniche que l'on ne visait pas.

Capture d'écran

Arno entre les deux camps

Arno Dorian grandit à Versailles. Son père, un Assassin, est tué sous ses yeux, et François de la Serre, Grand Maître des Templiers, le recueille. Sa fille Élise devient l'amour de la vie d'Arno. Le meurtre de ce père adoptif envoie Arno à la Bastille, puis chez les Assassins, et le jeu déroule une vengeance à deux voix, Arno cherchant les coupables du côté de la Confrérie, Élise du côté de l'Ordre. La Révolution sert de décor plus que de sujet. Le reproche fait au scénario en 2014 tient toujours, les États généraux, la Terreur et Robespierre passent à l'arrière-plan pendant qu'Arno règle des comptes personnels. Pris pour ce qu'il est, un récit d'espionnage amoureux dans un Paris en feu, il fonctionne pourtant très bien. Élise compte parmi les meilleurs personnages de la saga, drôle, entêtée, jamais réduite au rôle de faire-valoir, et les scènes à deux ont une écriture que la série a rarement retrouvée depuis. Le doublage français est complet et d'un bon niveau, ce qui compte dans un jeu qui se passe à Paris. Le dernier tiers, du Temple à la conclusion, laisse un vrai poids une fois le générique passé.

Capture d'écran

Des assassinats à choix multiples

Unity a légué à Syndicate, à Origins et jusqu'à Mirage l'assassinat ouvert. Chaque cible majeure occupe un lieu fermé, une église, un palais, une foire, et le jeu laisse choisir l'approche. On débloque des occasions en écoutant une conversation, en volant une clé, en libérant un prisonnier ou en empoisonnant un plat. Foncer se paie vite, parce que le combat est le plus exigeant de la série avant Origins, avec des parades à placer au bon moment, des adversaires qui attaquent ensemble et une barre de vie qui fond dès que trois gardes s'en mêlent. La discrétion devient la voie naturelle. Pour la première fois dans la saga on s'accroupit, on se cache derrière une caisse, on lance une bombe fumigène ou une lame fantôme depuis une poutre. L'équipement se choisit selon son style, entre furtivité, mêlée et distance, avec des tenues qui modifient réellement les statistiques. La progression passe par des points de synchronisation gagnés en mission, à dépenser dans des talents comme le crochetage, le double assassinat ou la chute contrôlée. On sent encore l'obsession des Crédits Helix et des coffres verrouillés de l'époque, mais tout se gagne en jouant, et les livres ne manquent plus une fois le Café-Théâtre rénové. La lecture des mouvements a vieilli. Arno traverse parfois une porte au lieu de s'y arrêter, ou grimpe sur un tonneau alors qu'on voulait s'accroupir derrière, et une infiltration propre peut se terminer sur une bêtise d'animation. C'est agaçant, sans jamais nous avoir fait lâcher une mission.

Capture d'écran

Les récits de Paris et les clubs sociaux

La ville est pleine, et cette fois nous l'avons presque vidée. Les récits de Paris sont de petites quêtes en un ou deux chapitres qui croisent les figures du temps, le marquis de Sade, Madame Tussaud, ou Mademoiselle Lenormand et sa quête de l'élixir de Nicolas Flamel. Elles ne visent jamais haut, mais elles donnent une raison d'aller voir un quartier, une cour, une catacombe. Les clubs sociaux, un café par quartier à rénover, ouvrent chacun une poignée de missions courtes, une cible à retrouver, un objet à reprendre, qui se plient en dix minutes et paient bien. Les failles Helix ont été la bonne surprise. Ce sont sept courses contre la montre dans un Paris qui n'est plus celui d'Arno, la Belle Époque avec la tour Eiffel et ses dirigeables, Paris occupé en 1944, le Moyen Âge, où il faut ramasser des données avant la fin du chrono. Elles durent quelques minutes, se rejouent volontiers, et le décor vaut à chaque fois le détour. Les missions Compagnon sont un reste de l'application mobile de 2014, débloquées dans le jeu depuis une mise à jour de février 2015. Ce sont des cibles sans histoire pour quelques livres, et nous en avons fait trois ou quatre avant de laisser tomber sans regret. Restent les meurtres mystérieux et les énigmes de Nostradamus pour qui veut prolonger, ainsi que les missions coopératives et les vols, jouables seul en partie privée mais pensés pour trois ou quatre.

Dead Kings et les cryptes de Franciade

L'extension, offerte à tous après le lancement raté, se joue après la campagne. Elle déplace Arno à Saint-Denis, rebaptisée Franciade par la Révolution, une petite ville sombre et boueuse dominée par la basilique et ses tombeaux royaux profanés. Le ton change, plus gothique, presque horrifique par endroits, avec des catacombes envahies de chauves-souris que l'on chasse à la lanterne et une bande de pilleurs qui fait régner sa loi. On y croise un gamin, Léon, le marquis de Sade encore lui, et un jeune officier nommé Bonaparte qui veut mettre la main sur ce qui dort sous la basilique. L'extension apporte le fusil-guillotine, une arme absurde et réjouissante qui tire des obus et sert de hache. Elle se boucle en trois ou quatre heures en prenant le temps des annexes. C'est un très bon complément, mieux rythmé que certaines séquences de la campagne, et il donne à Arno une conclusion plus douce que le finale du Temple. On regrette qu'il ait fallu un lancement raté pour qu'il soit gratuit, et qu'il faille aujourd'hui encore le télécharger à part sur la boutique.

Pour qui ?

Ceux qui ont lâché Unity en 2014 et veulent voir ce que donne le Paris de la Révolution à 60 images par seconde, et les amateurs d'infiltration qui aiment préparer un assassinat.

Pas pour qui ?

Ceux qui attendent une fresque historique sur la Révolution, ou qui ne supportent plus les petits accrochages de parkour des Assassin's Creed d'avant Origins.

Données du jeu

StudioUbisoft Montréal
ÉditeurUbisoft
Date de sortie11 novembre 2014
PlateformesPC, PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X|S, Xbox One
Durée principale 17h
Durée 100% 69h
Metacritic 72/100
Steam 78% d'avis positifs
Prix indicatif29.99 €