Les notes en un coup d'oeil

17/20 JoueurLibre
89/100 Metacritic (presse)
93% Steam (joueurs)

Points forts

  • Le combat est le plus fluide et le plus réactif de toute la trilogie Dark Souls
  • Irithyll de la Vallée Boréale est l'une des zones les plus belles jamais conçues par FromSoftware
  • Les Abyss Watchers, Pontiff Sulyvahn, le Roi Sans Nom : des boss qui comptent parmi les meilleurs du genre
  • Le Ringed City offre une conclusion digne à toute la trilogie, avec Slave Knight Gael comme boss final mémorable
  • La direction artistique est au sommet, chaque zone a une identité visuelle forte et reconnaissable
  • 89/100 sur Metacritic, plus de 10 millions de copies vendues
  • La richesse du lore en fin de trilogie récompense ceux qui ont joué aux épisodes précédents

Points faibles

  • Le jeu s'appuie trop fortement sur la nostalgie de Dark Souls 1, parfois au détriment de sa propre identité
  • Quelques zones en milieu de partie (Farron Keep, Profaned Capital) manquent de rythme et d'intérêt
  • Le monde est moins interconnecté que Dark Souls 1 : on progresse souvent en ligne droite
  • Certains boss intermédiaires sont expédiés en moins de deux minutes et n'ont aucune présence
  • Le DLC Ashes of Ariandel est clairement inférieur au Ringed City

La fin d'une trilogie, le sommet d'une formule

Dark Souls 3 est sorti en mars 2016 au Japon, avril 2016 dans le reste du monde, avec Hidetaka Miyazaki de retour aux commandes après avoir délégué Dark Souls 2 à une autre équipe. C'est la conclusion de la trilogie, et fromSoftware l'a construite comme telle : un jeu qui capitalise sur dix ans de mémoire collective, qui rappelle régulièrement où tout a commencé, et qui essaie de refermer une histoire commencée en 2011 avec une ambition narrative plus explicite que ses prédécesseurs. Le résultat est le jeu de la série qui impressionne le plus immédiatement, qui vend ses boss le mieux, et qui laisse une trace différente de celle de Dark Souls 1 : non pas la révélation d'un genre repensé, mais la démonstration qu'une formule portée à son niveau de raffinement maximum peut encore produire quelque chose d'exceptionnel.

10 millions de copies vendues. 89/100 sur Metacritic. Ces chiffres traduisent une chose simple : Dark Souls 3 a convaincu bien au-delà de la base existante des fans. Miyazaki avait annoncé que ce serait le dernier Dark Souls. Il a tenu sa promesse, et il l'a quittée en grande forme.

Capture d'écran

Un combat qui a évolué

La première chose qu'on ressent en prenant le contrôle de Dark Souls 3 après avoir joué à Dark Souls 1 ou 2, c'est la vitesse. Le personnage répond plus vite. Les animations d'attaque sont plus courtes. L'esquive est plus réactive. Le flux de combat est plus proche de Bloodborne, sorti un an plus tôt, que de ses prédécesseurs directs dans la série.

Ce choix plaît à la majorité et agace une minorité. La minorité estime que la série perd quelque chose de son caractère calculé, de ce tempo lent et lourd qui rendait chaque échange risqué dans Dark Souls 1. La majorité préfère la lisibilité et la réactivité accrues, qui permettent des combats contre des boss plus mobiles et plus agressifs sans que la frustration ne prenne le dessus. Les deux points de vue sont défendables. Ce qui est indiscutable, c'est que le système de combat de Dark Souls 3 est le plus abouti de la trilogie, et que les boss conçus pour ce système atteignent une qualité d'affrontement régulière que les épisodes précédents n'avaient pas.

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Les boss : la collection la plus régulière de la série

Dark Souls 3 a la meilleure sélection de boss de la trilogie. Pas le meilleur boss isolé de FromSoftware, qui reste probablement quelque part entre Malenia dans Elden Ring et Gehrman dans Bloodborne. Mais en termes de niveau moyen et de densité de grands moments, rien dans la série ne l'égale.

Les Abyss Watchers ouvrent le bal avec un boss en deux phases qui met en scène une armée de chevaliers se battant les uns contre les autres avant de se retourner contre vous, accompagné d'une musique qui monte progressivement jusqu'à l'explosion. Pontiff Sulyvahn accélère le rythme et pose les fondations d'un type d'affrontement très mobile qui prépare la suite. Le Roi Sans Nom, boss optionnel caché en hauteur dans la Cité Dragonique, est l'un des boss les plus difficiles du jeu de base et l'un des plus justes de toute la série : ses attaques sont larges, ses dégâts sont élevés, mais tout est lisible pour qui prend le temps d'apprendre ses patterns. Les Princes Jumeaux Lorian et Lothric combinent des schémas radicalement différents dans un seul affrontement. L'Âme de Cendres, boss final du jeu de base, est un hommage direct à Gwyn de Dark Souls 1, avec une mécanique de parade qui prend un sens particulier pour ceux qui ont joué au premier épisode.

Et puis il y a les DLC. Slave Knight Gael, boss final du Ringed City et dernier boss de la trilogie, est régulièrement qualifié de meilleur boss de FromSoftware par une partie importante de la communauté. Trois phases, une progression qui raconte quelque chose sans un seul mot de dialogue, une musique qui accompagne chaque changement de rythme avec une précision parfaite. C'est un affrontement qui résume ce que la série sait faire de mieux et qui conclut douze ans de Souls-like avec une classe rare.

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Irithyll et la direction artistique au sommet

Dark Souls 3 est le plus beau de la trilogie, et Irithyll de la Vallée Boréale en est la démonstration la plus évidente. On découvre la zone après avoir traversé une cathédrale imposante et franchi un pont de pierre sous une neige légère. La ville apparaît en contrebas : des bâtiments blancs éclairés d'une lumière bleue froide, une rivière gelée, des cours intérieures silencieuses gardées par des chevaliers aux yeux vides. L'atmosphère est à la fois magnifique et oppressante d'une façon que peu de jeux arrivent à produire.

La zone qui suit, la Cité Dragonique suspendue dans les nuages avec ses dragons de pierre et ses chevaliers d'or figés dans le temps, est d'une ambition visuelle différente. Les Grands Archives avec leurs livres en lévitation et leurs sages transformés en chauves-souris plafonnières ont une identité propre qui n'appartient qu'à Dark Souls 3. Chaque zone du jeu sait ce qu'elle est, et ça se ressent dans chaque détail de sa construction.

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Ce qui ne fonctionne pas

Dark Souls 3 a un problème de nostalgie. Le jeu est conçu pour les fans de Dark Souls 1, et il le montre peut-être trop. Anor Londo est de retour. Les Chevaliers d'Astora aussi. Le boss final rejoue le schéma du combat contre Gwyn. Ces clins d'oeil fonctionnent pour qui a joué au premier épisode, ils créent une continuité émotionnelle réelle. Mais ils donnent aussi parfois l'impression que le jeu manque de confiance dans sa propre identité, qu'il a besoin de s'appuyer sur la mémoire des joueurs plutôt que de construire quelque chose de nouveau.

Il y a aussi des zones qui accusent un niveau inférieur au reste. Le Marécage de Farron est une zone d'eau empoisonnée sans orientation claire, remplie de créatures répétitives, qui sert surtout de lien entre deux zones plus intéressantes. Le Château Profané est une idée forte sur le papier, un palais souillé et décadent, mais son exploration est courte et ses ennemis peu variés. Ces zones font contraste avec l'excellence d'Irithyll ou des Grands Archives, et elles se ressentent d'autant plus qu'elles arrivent en milieu de jeu, exactement là où le rythme doit tenir.

Le premier DLC, Cendres d'Ariandel, est aussi clairement en-dessous du second. La zone est belle, Soeur Friede est un excellent boss en trois phases, mais la carte est petite et le contenu trop léger pour peser face à la qualité du Ringed City.

Le Ringed City : la meilleure conclusion possible

Le Ringed City, deuxième et dernier DLC sorti en mars 2017, est l'un des meilleurs contenus additionnels jamais produits par FromSoftware. La zone se déroule à la fin du monde, littéralement : une cité ensevelie sous des siècles de cendres, au bord d'un précipice sans fond. L'exploration mêle des zones extérieures spectaculaires et des corridors intérieurs denses en secrets.

Les boss sont à la hauteur : Darkeater Midir, dragon optionnel caché sous la cité, est l'un des boss de dragon les plus crédibles de la série, avec un gabarit qui écrase l'écran et des attaques qui couvrent des surfaces entières. Et au bout du chemin, Slave Knight Gael, dont le combat met un point final à la trilogie avec une précision émotionnelle qu'on n'attendait pas d'un Souls-like. Si vous jouez à Dark Souls 3, vous devez jouer le Ringed City.

17/20 : la meilleure vitrine de ce que la formule peut faire

On met 17/20 à Dark Souls 3. Les trois points manquants vont aux zones de milieu de jeu qui fléchissent, au premier DLC en retrait, et à cette tendance à préférer la nostalgie à l'invention quand les deux sont en concurrence. Ce sont des reproches réels, pas des pinaillages.

Ce qu'il reste est remarquable. Dark Souls 3 est le jeu de la série qui vend ses moments le mieux, qui tient son niveau de boss le plus régulièrement, et qui sait conclure ce qu'il a commencé. La trilogie avait besoin d'une fin à la hauteur de ce qu'elle avait bâti depuis 2011. Elle l'a obtenue.

Pour qui ?

Tous ceux qui ont apprécié au moins un jeu FromSoftware et qui veulent vivre la conclusion de la trilogie. Dark Souls 3 est aussi le meilleur point d'entrée de la série pour quelqu'un qui ne l'a jamais touchée : le combat est plus fluide et plus immédiat que dans les épisodes précédents, les premières zones sont bien dosées en difficulté, et le jeu récompense autant la persévérance que la progression. Pour les fans des deux premiers Dark Souls, c'est un incontournable, même si certains des clins d'oeil au premier épisode peuvent agacer.

Pas pour qui ?

Les joueurs qui attendent d'abord un jeu d'exploration et de découverte géographique. Dark Souls 3 est plus linéaire que ses prédécesseurs, et le plaisir de se perdre dans un monde interconnecté façon Dark Souls 1 n'est pas vraiment au rendez-vous. Si c'est ce que vous cherchez dans un Souls-like, Elden Ring est une réponse plus directe.

Données du jeu

StudioFromSoftware
ÉditeurBandai Namco Entertainment
Date de sortie24 mars 2016
PlateformesPC, PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X|S, Xbox One
Durée principale 31h
Durée 100% 100h
Metacritic 89/100
Steam 93% d'avis positifs
Prix indicatif59.99 €