Les notes en un coup d'oeil
Points forts
- L'idée de base, exosuit contre hordes de dinosaures, fonctionne immédiatement et reste fun les premières heures
- La variété des exosuits (Roadblock le bouclier, Witchdoctor le soin, Deadeye le sniper, Krieger la mitrailleuse lourde, etc.) offre vraie diversité tactique
- Le RE Engine livre une fluidité exemplaire et une lisibilité parfaite même quand 80 raptors arrivent en même temps
- La boucle 5 contre 5 avec phases coopératives puis affrontement final entre escouades est une vraie trouvaille de design
- Disponible Day One sur Xbox Game Pass et PS Plus à divers moments, ce qui en a fait un excellent essai à coût zéro
- Le scénario à boucle temporelle, raconté à travers les missions répétées, est plus inventif qu'on pouvait l'attendre d'un live-service Capcom
Points faibles
- Le manque de variété de cartes et de modes plombe la durée de vie : on a fait le tour en quinze heures
- Le prix plein à 60 euros au lancement était totalement décalé pour ce type de proposition multi-only
- La progression est lente et trop liée aux mêmes missions répétées en boucle, ce qui ressemble à du gonflage artificiel
- Le mode solo, en réalité une partie multi remplie de bots, ne tient pas la route
- Le jeu est mort dans l'oeuf comme live-service : Capcom a arrêté les contenus saisonniers en juillet 2024, à peine un an après la sortie
- Le netcode et la qualité du matchmaking ont posé problème pendant plusieurs mois, surtout aux heures creuses
- Aucune campagne narrative classique à laquelle se raccrocher hors du multijoueur, ce qui repousse les joueurs solo
Exosuits contre dinosaures, l'idée folle de Capcom
Exoprimal est sorti le 14 juillet 2023 sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series X/S et PC, avec une inclusion immédiate sur Xbox Game Pass. Capcom, qui sortait à peine de la phase Resident Evil 4 Remake et qui préparait son Dragon's Dogma 2, a surpris tout le monde en lançant ce live-service multijoueur 5 contre 5 où des soldats en exosuit affrontent des vagues de dinosaures venus de portails interdimensionnels. L'idée a tout du concept de pitch fou de bureau de game design qu'on accepte de financer parce que le studio a une grande marge créative. Et pendant les premières heures, ça marche.
Le problème, c'est que ce qui devait être un grand jeu multi évolutif s'est rapidement éteint. Le Metacritic plafonne entre 67 et 72 selon les versions, les ventes ont stagné autour de 940 000 unités, et Capcom a annoncé l'arrêt des contenus saisonniers en juillet 2024, à peine un an après le lancement. Reste un titre qui mérite d'être joué mais qu'il faut aborder avec les bonnes attentes.

Le concept qui claque dans les premières heures
La promesse d'Exoprimal est immédiate : on incarne un exofighter, on choisit son exosuit, et on est lâché sur une carte où une horde de dinosaures (raptors, T-Rex, ptérodactyles, et parfois des créatures néoplasmiques plus délirantes) tombe du ciel à un rythme infernal. Le RE Engine de Capcom encaisse 80 raptors à l'écran sans broncher, à 60 images par seconde stables, avec une lisibilité parfaite des combats. C'est probablement la meilleure démonstration technique d'un Capcom récent en dehors de ses gros calibres solo.
La sensation d'écraser des nuées de dinosaures à coups de mitrailleuse lourde, d'épée énergétique, de lance-roquettes ou de tir de précision est très satisfaisante. Pendant les cinq ou six premières heures, on comprend pourquoi le studio a cru à son projet. C'est nerveux, c'est lisible, c'est franchement amusant.

Des exosuits qui justifient le 5 contre 5
Le roster d'exosuits est divisé en trois grandes catégories : Assaut, Tank et Soutien. À l'intérieur de chaque catégorie, plusieurs combinaisons sont disponibles. Roadblock se positionne comme le tank classique avec son bouclier énergétique. Witchdoctor soigne ses coéquipiers à distance. Deadeye fait office de DPS de précision. Krieger porte la mitrailleuse lourde anti-grosses créatures. Skywave manipule le terrain à distance. Le casting est varié et bien équilibré, et chaque exosuit a son rôle dans une bonne composition d'équipe.
Le système de "rigs" qui permet d'ajouter des capacités d'autres classes à son exosuit principal ajoute encore de la profondeur. On peut s'amuser à construire un Roadblock soigneur, un Witchdoctor offensif, un Deadeye qui crée du terrain. C'est l'un des éléments les mieux pensés du jeu, et celui qui justifie le mieux les heures investies si on accroche au gameplay.
Dino Survival, le vrai mode du jeu
Le coeur du jeu, c'est le mode Dino Survival. Deux équipes de cinq joueurs s'affrontent en parallèle sur une carte, chacune face à des vagues de dinosaures à éliminer dans un temps donné. À la fin, les deux escouades convergent vers une mission finale, qui peut être coopérative (les deux équipes affrontent un mégaboss ensemble) ou compétitive (l'une doit empêcher l'autre de finir sa mission). Cette structure hybride PvE plus PvP final est franchement originale et donne une vraie identité au jeu.
Le problème, c'est qu'il n'y a pas assez de variations. Trois ou quatre missions finales seulement, peu de cartes, et la formule tourne en boucle au bout d'une douzaine d'heures. Le scénario à boucle temporelle, raconté en parallèle des missions, fait un effort pour donner une raison narrative à cette répétition, mais ça ne suffit pas à masquer le manque de contenu réel.
Le piège du live-service à 60 euros
Le vrai péché d'Exoprimal au lancement, c'est son prix. À 60 euros la copie, pour un jeu qui propose essentiellement un mode multi avec peu de variété et qui repose sur des saisons de contenu à venir, le ticket d'entrée était tout simplement déraisonnable. Capcom semblait croire pouvoir vendre le titre comme un jeu solo classique, alors que sa structure était celle d'un free-to-play ou d'un service à 20 ou 30 euros. La présence sur Game Pass dès le premier jour a sauvé une partie du recrutement de joueurs, mais a aussi probablement plombé les ventes en boîte.
Le résultat se chiffre : moins d'un million d'exemplaires vendus en deux mois, là où Capcom espérait clairement plusieurs millions. À comparer aux 5 millions de Resident Evil Village ou aux 10 millions du remake de Resident Evil 4, on voit l'écart d'attentes. Le modèle économique a tué Exoprimal autant que ses limites de design.
L'abandon de juillet 2024
En juillet 2024, Capcom a annoncé que toutes les saisons prévues étaient livrées et que le jeu ne recevrait plus de nouveau contenu. Le serveur reste ouvert, on peut toujours jouer, mais aucune carte ni mode ne sera ajouté. Pour un live-service vendu plein pot un an plus tôt avec la promesse implicite d'un suivi long, c'est un signal très problématique. Les joueurs achetés au lancement, en particulier sur PS5 et Xbox Series où Game Pass n'était pas disponible côté Sony, se sont retrouvés avec un produit dont la valeur s'est effondrée en douze mois.
C'est l'autre raison pour laquelle on note Exoprimal à 11 sur 20 et pas plus haut. Le jeu en lui-même est plutôt bon dans sa boucle de base. Mais en tant que produit acheté à plein tarif, abandonné en moins d'un an et plus mis à jour, il fait partie des contre-exemples typiques du modèle live-service mal calibré.
La boucle qui ne se renouvelle plus
Au bout d'une quinzaine d'heures, et après avoir testé l'ensemble des exosuits du roster, on a fait le tour de ce qu'Exoprimal a à offrir. Les missions reviennent en boucle, les compositions d'équipe se figent autour de quelques optimums, le matchmaking peine à équilibrer les parties aux heures creuses, et on commence à attendre les nouveautés qui ne viendront plus. C'est un peu triste, parce que l'ADN du jeu était vraiment original.
Pour un joueur qui découvre Exoprimal aujourd'hui via Game Pass ou un solde Steam, on a clairement de quoi passer un bon moment sur quinze à vingt heures, surtout avec une équipe de potes en vocal. Pour qui a payé plein tarif au lancement avec l'espoir d'un jeu à long terme, la déception est compréhensible.
Un cas d'école du live-service Capcom raté
Au bilan, Exoprimal a tout d'une bonne idée qui n'a pas trouvé son public ni son modèle économique. Le gameplay tient la route, le concept est original, les exosuits sont bien construits, le mode Dino Survival est franchement amusant à plusieurs. Mais le prix de lancement, le manque de contenu de base, la dépendance au live-service et la décision rapide d'arrêter le suivi en font un produit difficile à recommander au prix fort.
Aujourd'hui, c'est dans un pack Game Pass ou sur une solide promotion Steam qu'Exoprimal trouve sa juste place. Pour les amateurs de jeux multi nerveux, c'est un excellent essai à 5 ou 10 euros. Pour les autres, le souvenir restera celui d'une expérience Capcom hors-norme qui méritait peut-être un Dino Crisis 4 plutôt qu'un live-service mort-né. Quelque part dans l'idée de génie originelle se trouvait un grand jeu solo : on rêvera longtemps de ce que ce concept aurait donné dans le moule traditionnel du studio.
Pour qui ?
Tous les amateurs de jeux multi nerveux qui veulent une expérience originale et qui ont la possibilité de jouer Exoprimal via Game Pass ou PS Plus, à moindre coût. Les fans de Capcom qui aiment voir le studio expérimenter en dehors de Resident Evil et Monster Hunter. Les groupes d'amis de cinq qui cherchent un jeu coop avec un twist PvP en fin de partie. Et les passionnés de dinosaures, tout simplement, qui trouveront là le jeu qui les fait dégommer en masse comme rarement vu.
Pas pour qui ?
Les joueurs solo qui n'aiment pas le multijoueur compétitif peuvent passer leur chemin sans regret : Exoprimal est conçu pour le 5 contre 5, et tout le reste sent l'habillage. Ceux qui détestent les jeux dont le support est arrêté trouveront ici un cas typique de live-service abandonné par son éditeur, sans plus de contenu prévu. Et les joueurs qui s'attendaient à un héritier moderne de Dino Crisis se trompent de cible, malgré la mention persistante dans les forums Capcom.
Données du jeu
| Studio | Capcom |
|---|---|
| Éditeur | Capcom |
| Date de sortie | 14 juillet 2023 |
| Plateformes | PC, PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X|S, Xbox One |
| Durée principale | 28h |
| Durée 100% | 39h |
| Metacritic | 68/100 |
| Steam | 76% d'avis positifs |
| Prix indicatif | 59.99 € |