Les notes en un coup d'oeil

12/20 JoueurLibre
84/100 Metacritic (presse)
85% Steam (joueurs)

Points forts

  • Poudlard est une merveille absolue
  • L'immersion dans l'univers Harry Potter est totale et sincère
  • Le vol en balai au-dessus des Highlands, un vrai moment de magie
  • La direction artistique soignée et fidèle à l'univers
  • Le système de combat est correct et plaisant les premières heures
  • Un contenu généreux pour les fans (Salle sur Demande, cours, maisons)

Points faibles

  • Un open world terriblement classique et sans aucune prise de risque
  • Le combat devient monotone bien avant la fin, trop peu de variété d'ennemis
  • Les quêtes secondaires sont du remplissage pur (fedex, aller-retour)
  • Le monde ouvert en dehors de Poudlard est vide et sans personnalité
  • Les 95 épreuves de Merlin, symbole du contenu copié-collé
  • L'histoire principale est plate et ses antagonistes inexistants
  • Le système RPG est creux, aucun choix d'équipement intéressant

Le rêve de tout fan de Harry Potter

On ne va pas se mentir : la première fois qu'on pousse les portes de Poudlard dans Hogwarts Legacy, c'est un moment fort. Si vous avez grandi avec Harry Potter, si vous avez rêvé de recevoir votre lettre, de monter les escaliers mouvants et de découvrir les passages secrets du château, le jeu vous offre exactement ça. Avalanche Software, le studio derrière le projet, a mis un soin incroyable dans la reconstitution de l'école de sorcellerie. C'est gigantesque, c'est détaillé, c'est beau, et même après 44 heures de jeu on découvre encore des recoins qu'on n'avait pas vus.

Le château est sans doute le plus bel environnement intérieur qu'on ait jamais exploré dans un jeu vidéo de ce type. Les salles communes des quatre maisons ont chacune leur ambiance unique. Les couloirs regorgent de détails, de tableaux qui bougent, de fantômes qui traînent, de petites interactions qui font sourire. On assiste à des cours de sortilèges, de potions, de botanique. On découvre la Salle sur Demande, le vivarium, les serres. Pour un fan, c'est un musée interactif d'une qualité exceptionnelle.

Le vol en balai au-dessus des Highlands écossaises est aussi un vrai moment de grâce. La première fois qu'on décolle et qu'on survole le lac, le château en contrebas, les forêts et les montagnes à perte de vue, on comprend pourquoi le jeu a fait rêver des millions de joueurs. Les contrôles sont fluides, la sensation de liberté est réelle, et honnêtement, on pourrait passer des heures juste à voler sans rien faire d'autre.

Capture d'écran

Et puis on commence à jouer vraiment

Le problème de Hogwarts Legacy, c'est que passé l'émerveillement des premières heures, on réalise que derrière la façade magique, le jeu est d'un classicisme presque déconcertant. Tout ce que vous avez déjà fait dans un open world Ubisoft, dans un Horizon, dans un Spider-Man, vous allez le refaire ici. Avec une baguette au lieu d'un arc ou d'une épée, certes, mais les mécaniques sont les mêmes.

Le monde ouvert en dehors de Poudlard en est l'illustration parfaite. Les Highlands sont beaux à survoler, mais au sol, c'est une succession de forêts et de falaises dans des tons bruns qui se ressemblent toutes. Il y a des camps de braconniers à nettoyer, des grottes avec un coffre au fond, des ruines avec un puzzle basique. Rien qui donne vraiment envie de dévier du chemin principal. Le monde est joli mais vide de sens. On le traverse plus qu'on ne l'explore.

Les quêtes secondaires sont malheureusement du même acabit. La grande majorité sont des quêtes fedex déguisées : allez chercher cet objet, rapportez-le à ce PNJ, recevez votre récompense. Quelques-unes sortent du lot, mais elles sont noyées dans la masse. Et puis il y a les 95 épreuves de Merlin, ces petits puzzles environnementaux dispersés dans tout le monde ouvert. Les premières sont amusantes. À la dixième, on a compris le principe. À la trentième, on soupire. À la cinquantième, on ne les fait plus. C'est le symbole de ce qui ne va pas dans le jeu : du contenu en quantité, mais pas en qualité.

Capture d'écran

Un combat plaisant qui tourne en rond

Le système de combat est probablement l'élément qui illustre le mieux le problème global du jeu : c'est bien fait, c'est propre, c'est fonctionnel, mais ça ne va nulle part.

Au début, on prend du plaisir. Lancer des Stupéfix, enchaîner avec un Accio pour attirer l'ennemi puis un Incendio pour l'enflammer, briser les boucliers colorés avec le bon sort, déclencher la magie ancienne pour un gros finish spectaculaire. C'est satisfaisant, c'est lisible, les animations sont réussies. Le Protego qui renvoie les sorts avec le bon timing est un bon ajout. Les combos entre sortilèges offrent quelques moments de créativité.

Sauf que le combat de la première heure est à peu près le même que celui de la quarantième. Les types d'ennemis se comptent sur les doigts d'une main : des sorciers avec des boucliers de couleur, des araignées, des trolls, des inferis. Il n'y a presque aucune évolution dans la façon dont on les affronte. On apprend de nouveaux sorts, mais ils ne changent pas fondamentalement l'approche. Les boss sont des sacs à points de vie qu'on arrose en esquivant leurs attaques téléphonées. Aucun combat ne nous a posé un vrai défi tactique en 44 heures de jeu sur Xbox Series.

C'est propre. C'est poli. Mais c'est plat. On n'a jamais eu ce moment où le jeu nous surprend, où une mécanique se révèle, où un ennemi nous force à repenser notre approche. Tout est prévisible du début à la fin.

Capture d'écran

Un RPG sans profondeur

Hogwarts Legacy se présente comme un action-RPG, mais la partie RPG est franchement superficielle. Le système de loot est un bon exemple : on ramasse des dizaines de chapeaux, de capes, de gants et de robes avec des statistiques. Mais il suffit de toujours équiper l'objet avec le chiffre le plus haut pour être optimisé. Il n'y a aucun choix intéressant à faire, aucun build à construire, aucune synergie à trouver. C'est du loot pour le principe du loot, pas pour le plaisir du loot.

L'arbre de talents existe mais n'offre pas de véritable direction. On débloque des améliorations passives qui rendent un peu plus fort, un peu plus résistant, un peu plus furtif. Rien qui redéfinisse la façon de jouer. On ne se sentira jamais "mage de combat" ou "spécialiste de la furtivité" ou "maître des potions" parce que le jeu ne permet pas de vraie spécialisation. Tout le monde finit par avoir à peu près les mêmes capacités.

La Salle sur Demande, présentée comme un gros argument du jeu, est un bon exemple de mécanique qui reste à la surface. On y installe des stations de craft, on y décore un peu, on y accède au vivarium pour capturer et soigner des créatures magiques. C'est mignon, c'est fan service, mais la boucle de gameplay est simpliste : capturer des bêtes, les brosser, les nourrir, récolter leurs matériaux. Au bout de quelques heures, on y retourne par obligation plus que par envie.

Capture d'écran

Une histoire qui ne décolle jamais

L'intrigue principale de Hogwarts Legacy est peut-être sa plus grande déception. Vous incarnez un élève de cinquième année doté d'un pouvoir de magie ancienne, et vous devez empêcher un gobelin rebelle et ses alliés de mettre la main sur une force dangereuse. Sur le papier, ça se tient. En pratique, c'est d'une platitude remarquable.

Les antagonistes principaux cumulent à peine trente minutes de temps d'écran sur toute l'aventure. On ne les craint jamais, on ne les comprend pas vraiment, on ne ressent rien quand on les affronte. Les alliés ne sont guère plus mémorables : des PNJ fonctionnels qui donnent des quêtes et fournissent de l'exposition. Le jeu compense par une quantité massive de texte et de dialogues, mais le volume ne remplace pas la qualité d'écriture.

Il y a aussi des incohérences narratives gênantes. Le jeu vous met en garde contre les sortilèges impardonnables avec une solennité de circonstance, puis vous laisse les utiliser sur n'importe qui sans aucune conséquence. Votre personnage peut littéralement lancer un Avada Kedavra sur des ennemis en plein jour et personne ne bronche. Le décalage entre le ton "Poudlard, école bienveillante" et la violence parfois gratuite du gameplay crée un malaise que le jeu ne cherche jamais à résoudre.

Trop sage pour son propre bien

Au fond, le vrai problème de Hogwarts Legacy, c'est qu'il ne prend aucun risque. Chaque mécanique est fonctionnelle mais jamais audacieuse. Le monde ouvert coche toutes les cases du genre sans en inventer aucune. Le combat est correct sans être mémorable. L'histoire est présente sans être prenante. Le RPG est là sans être profond. Tout fonctionne, rien ne brille.

C'est le genre de jeu qu'on qualifie de "solide" dans un test, et c'est souvent un euphémisme pour dire "sans saveur". Hogwarts Legacy ressemble à un open world conçu par un algorithme qui aurait analysé tous les jeux du genre depuis dix ans et en aurait sorti la moyenne exacte. Pas de mauvaise surprise, mais pas de bonne non plus. Le jeu manque de cette étincelle, de cette idée forte qui fait qu'on se souvient d'un titre des années après y avoir joué.

On compare souvent Hogwarts Legacy aux premiers Assassin's Creed ou aux open worlds Ubisoft, et c'est un parallèle pertinent. C'est un très bon premier jet, une fondation solide pour une potentielle suite qui, elle, pourrait prendre des risques. Mais en l'état, c'est un jeu qui mise tout sur sa licence et son immersion, et qui espère que ça suffira à masquer le manque de personnalité de son gameplay.

12/20 : un bon jeu, pas un bon jeu vidéo

On met 12/20 à Hogwarts Legacy, et ce n'est pas une mauvaise note sur notre échelle. C'est un bon jeu. C'est un jeu qui se finit, qui offre du contenu, qui ne bugue pas trop, qui est joli. L'immersion dans Poudlard vaut le détour à elle seule, et les fans de Harry Potter y trouveront un terrain de jeu rêvé. Si c'est votre premier open world ou si vous êtes un inconditionnel de l'univers, vous pouvez ajouter un ou deux points à cette note dans votre tête.

Mais pour le joueur expérimenté qui a déjà parcouru des dizaines de mondes ouverts, Hogwarts Legacy est une déception douce. Pas une claque, pas un scandale, juste un constat un peu triste : avec cette licence, ce budget et ce talent technique, on aurait pu avoir quelque chose de mémorable. Au lieu de ça, on a un jeu "bien". Trop bien pensé pour être mauvais, trop sage pour être marquant. On en sort après 44 heures en se disant qu'on a passé un moment agréable, sans pouvoir citer un seul moment de gameplay vraiment mémorable en dehors de la découverte de Poudlard et du premier vol en balai.

Hogwarts Legacy, c'est le bon élève de la classe qui a 14 de moyenne partout mais qui ne passionne personne. Le genre de jeu qu'on oublie six mois après y avoir joué, malgré tout le plaisir qu'on y a pris sur le moment. Et dans un monde où des studios indépendants prennent des risques fous avec un dixième du budget, ce manque d'ambition est difficile à pardonner complètement.

Pour qui ?

Les fans de Harry Potter avant tout. Si vous avez grandi avec les livres et les films et que vous rêvez de vous balader dans Poudlard, de suivre des cours de sortilèges et de voler en balai au-dessus du lac, le jeu remplit parfaitement ce contrat. C'est aussi un bon premier open world pour les joueurs moins expérimentés qui découvrent le genre.

Pas pour qui ?

Les joueurs expérimentés qui ont déjà fait des dizaines d'open worlds et qui en connaissent toutes les ficelles. Si vous cherchez de l'originalité dans le gameplay, des mécaniques profondes ou un scénario marquant, vous risquez de trouver le temps long après une vingtaine d'heures. Ceux qui n'ont aucun attachement à Harry Potter n'y trouveront qu'un open world très générique.

Données du jeu

StudioAvalanche Software
ÉditeurWarner Bros. Games
Date de sortie10 février 2023
PlateformesPC, PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X|S, Xbox One, Nintendo Switch, Nintendo Switch 2
Durée principale 26h
Durée 100% 72h
Metacritic 84/100
Steam 85% d'avis positifs
Prix indicatif59.97 €