Les notes en un coup d'oeil
Points forts
- Direction artistique singulière et immédiatement reconnaissable
- Gunplay parmi les meilleurs du genre
- Sound design exceptionnel, tension permanente
- Lore profond et narration environnementale réussie
- Rejouabilité solide grâce aux factions et à la progression saisonnière
- Accessibilité bien pensée comparé à Tarkov
- Cross-play complet PC / PS5 / Xbox
Points faibles
- Équilibrage bancal entre Runners et armes
- Interface dense et peu intuitive au départ
- Monétisation agressive sur les cosmétiques
- Cartes trop vastes pour le nombre de joueurs en début de session
- Système de chaleur pénalisant qui bride le mouvement
114 heures. C'est le temps qu'il a fallu pour que Marathon révèle vraiment ce qu'il est : un extraction shooter généreux, imparfait, et visuellement comme soniquement inoubliable. Bungie ne réinvente pas le genre. Mais le studio sait mieux que quiconque construire une boucle de gameplay qui accroche, et ça se sent dès les premières heures.
Un univers qui se mérite
Marathon se déroule en 2893 sur Tau Ceti IV, une colonie abandonnée dont les 30 000 habitants ont mystérieusement disparu. L'UESC Marathon, vaisseau colossal, orbite en silence au-dessus de la planète. Vous incarnez un Runner, mercenaire dont la conscience est transférée dans un châssis synthétique. Si votre corps est détruit, vous perdez votre équipement. Pas votre existence.
Ce cadre, Bungie ne vous le raconte pas. Il vous le fait découvrir. Pas de cinématiques toutes les demi-heures, pas de personnage qui explique ce qui se passe à voix haute. L'histoire est dans les décors, dans les terminaux, dans le Codex qui s'étoffe au fil des parties. C'est une narration environnementale assumée, et elle fonctionne. Après cent heures, on veut encore savoir ce qui est arrivé à New Cascadia.
La direction artistique mérite un paragraphe à elle seule. Marathon a une identité visuelle immédiatement reconnaissable, quelque chose d'assez rare dans un secteur où tout se ressemble. Les environnements mélangent brutalisme architectural, végétation envahissante et technologie abandonnée. La palette de couleurs est travaillée, presque picturale. Et la bande sonore composée par Son Lux installe une tension de fond qui ne lâche jamais, même dans les moments calmes.

Ce qui se passe réellement en partie
Chaque session commence de la même façon : déploiement sur l'une des cartes, inventaire vide ou presque, et cette sensation familière que quelque chose de désagréable va se produire dans les prochaines minutes. Vous explorez, ramassez armes et ressources, montez en niveau pour la partie en cours, et cherchez à atteindre un point d'extraction avant de vous faire tuer. Si vous mourrez, vous perdez tout ce que vous aviez collecté. Si vous sortez, vous repartez avec.
Le jeu propose sept Runners aux capacités distinctes. Le Destroyer lance des missiles guidés et déploie des barrières énergétiques. Le Thief vole le butin à travers les murs et se déplace avec un grappin. Le Recon traque les ennemis avec des drones-araignées explosifs. Chaque Runner impose un style de jeu réel, pas cosmétique. En trio bien composé, la synergie entre les coques change complètement le déroulement d'une partie.
Les 28 armes disponibles ont toutes un comportement distinct. Le gunplay est franc, immédiat, avec un time-to-kill très rapide qui force la concentration permanente. On ne survit pas par inadvertance. Une fraction de seconde d'inattention face à un joueur compétent, et la partie est terminée. C'est brutal, parfois frustrant, mais jamais injuste quand on comprend les règles.

La bonne surprise : la rejouabilité
Ce qui retient au-delà des premières dizaines d'heures, c'est le système de factions. Six organisations rivales proposent des contrats, et compléter ces contrats débloque des améliorations permanentes pour la saison en cours. Votre Runner part progressivement mieux équipé, avec un équipement de base plus solide et des capacités renforcées. La progression donne un sens aux runs même quand elles se terminent mal.
Le système saisonnier réinitialise l'équipement tous les trimestres. Beaucoup de joueurs y voient une frustration. Après cent heures, c'est plutôt une mécanique saine : elle maintient la tension du loot et évite que les joueurs chevronnés écrasent systématiquement les nouveaux arrivants avec un équipement accumulé sur des mois. La remise à zéro force tout le monde à repasser par les mêmes étapes de vulnérabilité.

Les défauts qu'on ne peut pas ignorer
L'équilibrage pose problème. Certains Runners sont nettement plus efficaces que d'autres dans les parties compétitives, et la meta se cristallise vite autour d'un petit nombre d'armes. Bungie ajuste régulièrement, mais au lancement, les disparités étaient visibles et pénalisantes pour les joueurs qui voulaient jouer en dehors des choix optimaux.
L'interface est dense. Pas impossible à comprendre, mais clairement conçue par des gens qui connaissaient déjà le jeu par coeur. Les menus enfouissent des informations importantes plusieurs couches en dessous de la surface. Les premières heures sont plus difficiles que nécessaire, non pas à cause du gameplay, mais à cause de la navigation dans les systèmes.
Le système de chaleur, qui pénalise le sprint et la glisse quand la jauge se remplit, part d'une bonne intention : forcer la gestion du mouvement. En pratique, il bride la fluidité de façon irritante, surtout dans les premières parties où on ne maîtrise pas encore les seuils. C'est un choix de design discutable qui divise clairement la communauté.
La monétisation, enfin, est agressive. Les cosmétiques coûtent cher, le Battle Pass offre une valeur discutable, et la structure tarifaire force à acheter plus de monnaie premium que nécessaire pour un achat donné. Le jeu n'est pas pay-to-win, mais Bungie aurait pu faire bien mieux sur ce volet sans que ça nuise à l'expérience de base.

Le verdict après 114 heures
Marathon n'est pas le jeu révolutionnaire que certains attendaient. C'est mieux que ça dans un sens : c'est un extraction shooter solide, généreux en contenu, habité par un univers réel et une direction artistique qui se distingue dans le paysage du jeu vidéo actuel. Les défauts sont réels mais ils n'entament pas une boucle de gameplay qui tient la route sur la durée.
Pour quelqu'un qui cherche une alternative sérieuse à Tarkov sans la barrière d'entrée écrasante, ou simplement un shooter multijoueur avec de la substance derrière le gunfight, Marathon mérite largement le détour.
Pour qui ?
Les fans d'extraction shooter qui cherchent une alternative accessible à Tarkov, les joueurs attirés par un univers sci-fi travaillé, les amateurs de gunplay précis et nerveux.
Pas pour qui ?
Les joueurs solo qui n'aiment pas les interactions PvP forcées, ceux qui ont besoin d'une campagne narrative classique, les joueurs irritables face aux remises à zéro saisonnières.
Données du jeu
| Studio | Bungie |
|---|---|
| Éditeur | Bungie |
| Date de sortie | 5 mars 2026 |
| Plateformes | PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S |
| Metacritic | 82/100 |
| Steam | 81% d'avis positifs |