Les notes en un coup d'oeil

13/20 JoueurLibre

Points forts

  • La relation entre Logan et Jean Grey, écrite avec justesse et rarement mièvre
  • Une dernière ligne droite qui donne envie de connaître la fin
  • Une réalisation de haut niveau, avec une performance capture et un rendu de Logan remarquables
  • 60 images par seconde avec ray tracing par défaut sur PS5 standard, et des modes dédiés sur PS5 Pro
  • Une VF très bonne, et Liam McIntyre convaincant en VO
  • Le poids des coups rendu par la DualSense, et des exécutions à la hauteur du personnage
  • La jauge de rage, qui pousse à l'agressivité au lieu d'un mode berserk à activer
  • Un voyage varié, du Canada à Tokyo, de Madripoor à la jungle de Telambang
  • Un hub pour rejouer missions et défis, et un New Game Plus

Points faibles

  • Tout ce qui rend Wolverine impressionnant se passe dans les cinématiques, jamais manette en main
  • Une palette de coups lente et courte, dont on fait le tour en quelques heures
  • Des ennemis sacs à points de vie qui tuent en trois coups, et un héros qui ne se sent jamais surpuissant
  • Une progression sans surprise, avec un coup de pied en sprint débloqué au niveau 11
  • Le jeu conseille lui-même l'infiltration pour faire monter la rage, curieux choix pour ce héros
  • Les cauchemars, des défis chronométrés pour raconter un traumatisme, parfois placés avant un climax
  • Un level design en couloir, ponctué de tonneaux bleus et de bouteilles de whisky
  • Des zones ouvertes qui communiquent mal leurs limites
  • Une poursuite en moto qui rappelle celle de Final Fantasy VII de 1997
  • Des scripts qui ne se déclenchent pas, des raccords d'animation grossiers, quelques collisions
  • Des personnages secondaires modélisés bien en dessous du héros
  • Quatre-vingts euros, sans remise, pour treize à quinze heures convenues

Après trois Spider-Man, Insomniac range l'araignée

Marvel's Wolverine n'adapte aucun comics précis. Comme pour ses Spider-Man, Insomniac écrit sa propre histoire, dans un monde où les X-Men n'existent pas encore et où les mutants vivent cachés. Logan revient auprès de la Team X, une petite équipe montée par Nathaniel Essex pour contrer Bolivar Trask, un milliardaire qui a les moyens et l'envie d'éradiquer les mutants, et qui aligne pour cela Omega Red, Lady Deathstrike, les Reavers, la Main et des Sentinelles. Mystique et Dents-de-Sabre sont de la partie, Jean Grey aussi, et Logan a perdu la mémoire. Comprendre ce qu'il a oublié, et pourquoi, est le vrai fil de l'aventure. Le voyage passe par le Canada sous la neige, Tokyo, la jungle de Telambang et les deux villes de Madripoor, la haute et la basse. Surtout, le monde ouvert a disparu. C'est un blockbuster linéaire à la manière des Uncharted, avec des niveaux en couloir, quelques zones plus larges, un peu d'infiltration, des journaux audio à ramasser et des cinématiques qui savent y faire.

Capture d'écran

Tout ce qui est cool arrive dans les cinématiques

Le studio a mis un soin évident à rendre Logan impressionnant. Il découpe des véhicules, se fait traîner sur des centaines de mètres de bitume sans broncher, arrête une balle avec les dents, se jette sur un missile. Le problème est que tout cela se passe quand on a lâché la manette. Une fois le contrôle rendu, Wolverine meurt en quelques coups, ne tranche que ce qui a été prévu pour l'être et bondit sur un ennemi à cinq mètres, guère plus. Le contraste est saisissant, et il explique une bonne partie de notre ennui. On est spectateur d'un super-héros, puis on joue un type solide mais ordinaire. La régénération, qui est le pouvoir du personnage sur le papier, est devenue en vingt ans la mécanique la plus banale du jeu vidéo, puisque presque tous les héros récupèrent leur vie à couvert. Il lui reste ses griffes, et se battre au corps à corps avec une lame n'a rien qui révolutionne le genre. Insomniac a essayé de dépasser ce handicap, cela se voit, mais nous avons eu tout du long le sentiment d'un jeu de la PlayStation 2 avec le rendu de 2026, un peu comme Le Retour du Roi à l'époque.

Capture d'écran

Des combats qui tournent vite en rond

Le combat est le cœur du jeu et il tient sur une base honnête. On attaque, on esquive, on pare, on bondit, avec une caméra légèrement au-dessus de l'action et un poids dans les gestes que la DualSense rend bien. La jauge de rage monte à chaque coup porté. Au deuxième niveau, Logan frappe plus fort et regagne enfin de la vie, au troisième il exécute les ennemis étourdis d'un coup de griffes. Le déferlement, une prise où l'on martèle carré, et les exécutions sanglantes donnent aux affrontements une dimension animale plaisante pendant les premières heures. Puis on fait le tour. La palette est lente et courte, les ennemis sont des sacs de points de vie qui nous tuent en trois coups, et l'arbre de compétences se remplit sans surprise, un tourbillon, un coup de genou qui assomme, six capacités spéciales. Au bout de quatre heures et au niveau 11, nous avons débloqué le droit de donner un coup de pied en sprintant. Batman Arkham Asylum proposait, il y a plus de quinze ans, un héros sans pouvoir et un système bien plus engageant. Insomniac a parfois la main lourde sur le nombre d'adversaires vers le milieu du jeu, et le titre lui-même conseille de passer par l'infiltration pour faire monter la rage plus vite, ce qui ressemble à un aveu pour un jeu qui s'appelle Wolverine.

Capture d'écran

Des cauchemars chronométrés pour raconter un traumatisme

Le passé de Logan est douloureux, et le jeu choisit de le raconter par des défis. Les cauchemars, accessibles depuis la cabane qui sert de hub, demandent de tuer un maximum d'ennemis dans une arène en temps limité ou de courir d'un point A à un point B le plus vite possible, et chaque réussite débloque un souvenir, sous forme d'un court texte doublé. Aborder la psychologie d'un héros par des chronos est une drôle d'idée, et ces séquences tombent parfois entre deux combats d'une même mission, juste avant un moment fort. Le reste du contenu annexe tient en deux collectibles, des bouteilles de whisky qui donnent des adaptations, des bonus passifs selon qu'on préfère la parade, les capacités ou les exécutions, et des caisses de matériaux pour acheter une trentaine de tenues qui augmentent la santé, ou fabriquer des griffes dont la différence se voit à peine. Les niveaux se traversent en ligne droite, et les zones plus ouvertes communiquent mal leurs limites, on ne sait ni où grimper ni s'il y a un intérêt à s'écarter. Les tonneaux bleus à taper pour un peu d'expérience résument assez bien le sursaut de variété proposé. La poursuite en moto, elle, nous a ramenés à celle de Final Fantasy VII, l'original de 1997.

Capture d'écran

Ce que le jeu réussit, et à qui il parle

Il faut dire ce qui va, parce que ce n'est pas rien. Nous avons joué sur une PS5 standard, pas sur le modèle Pro, et c'est sur cette version que porte tout ce qui suit. L'écriture de la relation entre Logan et Jean Grey est sincère, jamais mièvre ou presque, et la dernière ligne droite donne envie de connaître la fin. La performance capture rend des visages nuancés, la VF est très bonne, et Liam McIntyre en VO trouve le bon mélange de colère, de fragilité et de sarcasme. Techniquement, c'est du Insomniac. Sur notre PS5 standard, le jeu tourne à 60 images par seconde avec ray tracing par défaut, avec quelques rares baisses de cadence, et un mode 120 Hz à 40 images est proposé. La PS5 Pro, que nous n'avons pas essayée, ajoute des modes Performance Pro et Fidélité Pro avec un ray tracing plus poussé. La modélisation de Logan, de ses vêtements et des dégâts qu'il encaisse est remarquable, même si certains personnages secondaires sont nettement moins soignés, et nous avons croisé des scripts qui ne se déclenchent pas, des raccords d'animation grossiers sur les actions contextuelles et quelques collisions douteuses, rien que des correctifs ne devraient régler. Le tout dure treize à quinze heures, dix-huit en ramassant tout, avec un New Game Plus au bout. À quatre-vingts euros, cela fait cher le blockbuster convenu, et la presse ne s'y est pas trompée, avec un Metacritic à 77 qui en fait le jeu PlayStation Studios le moins bien reçu depuis le lancement de la PS5. Ce n'est pas un mauvais jeu, c'est un jeu solide, très beau et sans ambition, qui ne tient la comparaison ni avec les Spider-Man du même studio ni avec ce qui sort en ce moment.

Pour qui ?

Ceux qui veulent un blockbuster PlayStation à l'ancienne, linéaire, très beau et bien joué, qu'on traverse en deux week-ends pour l'histoire de Logan et Jean, et qui acceptent des combats simples.

Pas pour qui ?

Ceux qui attendaient le système de combat des Spider-Man appliqué à Wolverine, ceux qui veulent du level design et de la profondeur, et ceux qui ne paient pas quatre-vingts euros un jeu qu'on aura fini avant le premier correctif.

Données du jeu

StudioInsomniac Games
ÉditeurSony Interactive Entertainment
Date de sortie15 septembre 2026
PlateformesPlayStation 5