Jaquette de Marvel's Wolverine

Test de Marvel's Wolverine

Très beau, bien joué, mais des combats simplistes et un héros spectaculaire seulement en cinématique.

Publié le 4 min de lecture Aventure Hack'n'slash
13/20
Bon jeu La note de JoueurLibre
Sortie 2026 15 septembre 2026
Studio Insomniac Games Édité par Sony Interactive Entertainment
Pour qui ?

Ceux qui veulent un blockbuster PlayStation à l'ancienne, linéaire, très beau et bien joué, qu'on traverse en deux week-ends pour l'histoire de Logan et Jean, et qui acceptent des combats simples.

On aime

  • La relation entre Logan et Jean Grey, écrite avec justesse et rarement mièvre
  • Une dernière ligne droite qui donne envie de connaître la fin
  • Une réalisation de haut niveau, avec une performance capture et un rendu de Logan remarquables
  • 60 images par seconde avec ray tracing par défaut sur PS5 standard, et des modes dédiés sur PS5 Pro
  • Une VF très bonne, et Liam McIntyre convaincant en VO
  • Le poids des coups rendu par la DualSense, et des exécutions à la hauteur du personnage
  • La jauge de rage, qui pousse à l'agressivité au lieu d'un mode berserk à activer
  • Un voyage varié, du Canada à Tokyo, de Madripoor à la jungle de Telambang
  • Un hub pour rejouer missions et défis, et un New Game Plus

On regrette

  • Tout ce qui rend Wolverine impressionnant se passe dans les cinématiques, jamais manette en main
  • Une palette de coups lente et courte, dont on fait le tour en quelques heures
  • Des ennemis sacs à points de vie qui tuent en trois coups, et un héros qui ne se sent jamais surpuissant
  • Une progression sans surprise, avec un coup de pied en sprint débloqué au niveau 11
  • Le jeu conseille lui-même l'infiltration pour faire monter la rage, curieux choix pour ce héros
  • Les cauchemars, des défis chronométrés pour raconter un traumatisme, parfois placés avant un climax
  • Un level design en couloir, ponctué de tonneaux bleus et de bouteilles de whisky
  • Des zones ouvertes qui communiquent mal leurs limites
  • Une poursuite en moto qui rappelle celle de Final Fantasy VII de 1997
  • Des scripts qui ne se déclenchent pas, des raccords d'animation grossiers, quelques collisions
  • Des personnages secondaires modélisés bien en dessous du héros
  • Quatre-vingts euros, sans remise, pour treize à quinze heures convenues

Après trois Spider-Man Insomniac range l'araignée

Marvel's Wolverine n'adapte aucun comics précis. Comme pour ses Spider-Man, Insomniac écrit sa propre histoire, dans un monde où les X-Men n'existent pas encore et où les mutants vivent cachés. Logan revient auprès de la Team X, une petite équipe montée par Nathaniel Essex pour contrer Bolivar Trask, un milliardaire qui a les moyens et l'envie d'éradiquer les mutants et qui aligne pour cela Omega Red, Lady Deathstrike, les Reavers, la Main et des Sentinelles. Mystique, Dents-de-Sabre et Jean Grey sont de la partie, et Logan a perdu la mémoire. Comprendre ce qu'il a oublié, et pourquoi, est le vrai fil de l'aventure.

Le voyage passe par le Canada sous la neige, Tokyo, la jungle de Telambang et les deux villes de Madripoor, la haute et la basse. Le monde ouvert a surtout disparu. C'est un blockbuster linéaire à la manière des Uncharted, avec des niveaux en couloir, quelques zones plus larges, un peu d'infiltration, des journaux audio à ramasser et des cinématiques qui savent y faire.

Marvel's Wolverine, capture d'écran

Tout ce qui est cool arrive dans les cinématiques

Le studio a mis un soin évident à rendre Logan impressionnant. Il découpe des véhicules, se fait traîner sur des centaines de mètres de bitume sans broncher, arrête une balle avec les dents, se jette sur un missile. Tout cela se passe pourtant quand on a lâché la manette. Une fois le contrôle rendu, Wolverine meurt en quelques coups, ne tranche que ce qui a été prévu pour l'être et ne bondit guère plus loin que cinq mètres. Le contraste est saisissant et explique une bonne partie de notre ennui. On regarde un super-héros, puis on joue un type solide mais ordinaire.

La régénération, qui est le pouvoir du personnage sur le papier, est devenue en vingt ans la mécanique la plus banale du jeu vidéo, puisque presque tous les héros récupèrent leur vie à couvert. Il lui reste ses griffes, et se battre au corps à corps avec une lame ne révolutionne pas le genre. Insomniac a essayé de dépasser ce handicap, ça se voit, mais nous avons eu tout du long le sentiment d'un jeu PlayStation 2 avec le rendu de 2026, un peu comme Le Retour du Roi à l'époque.

Des combats qui tournent vite en rond

Le combat est le cœur du jeu, et sa base est honnête. On attaque, on esquive, on pare, on bondit, avec une caméra légèrement au-dessus de l'action et un poids dans les gestes que la DualSense rend bien. La jauge de rage monte à chaque coup porté. Au deuxième niveau, Logan frappe plus fort et regagne enfin de la vie, au troisième il exécute d'un coup de griffes les ennemis étourdis. Le déferlement, une prise où l'on martèle carré, et les exécutions sanglantes donnent aux affrontements un côté animal plaisant pendant les premières heures.

Puis on fait le tour. La palette est lente et courte, les ennemis sont des sacs de points de vie qui nous tuent en trois coups, et l'arbre de compétences se remplit sans surprise, avec un tourbillon, un coup de genou qui assomme et six capacités spéciales. Au bout de quatre heures et au niveau 11, nous avons débloqué le droit de donner un coup de pied en sprintant. Batman Arkham Asylum proposait, il y a plus de quinze ans, un héros sans pouvoir et un système bien plus engageant.

Insomniac a parfois la main lourde sur le nombre d'adversaires vers le milieu du jeu, et le jeu lui-même conseille de passer par l'infiltration pour faire monter la rage plus vite, drôle d'aveu pour un jeu qui s'appelle Wolverine.

Marvel's Wolverine, capture d'écran

Des cauchemars chronométrés pour raconter un traumatisme

Le passé de Logan est douloureux, et le jeu choisit de le raconter par des défis. Les cauchemars, accessibles depuis la cabane qui sert de hub, demandent de tuer un maximum d'ennemis dans une arène en temps limité ou de courir d'un point à un autre le plus vite possible, et chaque réussite débloque un souvenir, sous forme d'un court texte doublé. Aborder la psychologie d'un héros au chronomètre est une drôle d'idée, et ces séquences tombent parfois entre deux combats d'une même mission, juste avant un moment fort.

Le reste du contenu annexe tient en deux objets à collectionner. Les bouteilles de whisky donnent des adaptations, des bonus passifs selon qu'on préfère la parade, les capacités ou les exécutions. Les caisses de matériaux servent à acheter une trentaine de tenues qui augmentent la santé, ou à fabriquer des griffes dont la différence se voit à peine.

Les niveaux se traversent en ligne droite, et les zones plus ouvertes indiquent mal leurs limites, si bien qu'on ne sait ni où grimper ni si s'écarter sert à quelque chose. Les tonneaux bleus à frapper pour un peu d'expérience résument bien le sursaut de variété proposé. La poursuite en moto nous a ramenés à celle de Final Fantasy VII, l'original de 1997.

Ce que le jeu réussit et à qui il parle

Ce qui va n'est pas rien. Nous avons joué sur une PS5 standard, pas sur le modèle Pro, et tout ce qui suit porte sur cette version. La relation entre Logan et Jean Grey est écrite avec sincérité, presque jamais mièvre, et la dernière ligne droite donne envie de connaître la fin. La performance capture rend des visages nuancés, la VF est très bonne, et Liam McIntyre en VO trouve le bon mélange de colère, de fragilité et de sarcasme.

Techniquement, c'est du Insomniac. Sur notre PS5 standard, le jeu tourne à 60 images par seconde avec ray tracing par défaut, avec quelques rares baisses de cadence, et un mode 120 Hz à 40 images est proposé. La PS5 Pro, que nous n'avons pas essayée, ajoute des modes Performance Pro et Fidélité Pro au ray tracing plus poussé. La modélisation de Logan, de ses vêtements et des dégâts qu'il encaisse est remarquable, même si certains personnages secondaires sont nettement moins soignés. Nous avons aussi croisé des scripts qui ne se déclenchent pas, des raccords d'animation grossiers sur les actions contextuelles et quelques collisions douteuses, que des correctifs devraient régler.

Le tout dure treize à quinze heures, dix-huit en ramassant tout, avec un New Game Plus au bout. À quatre-vingts euros, le blockbuster convenu coûte cher, et la presse ne s'y est pas trompée, avec un Metacritic à 77 qui en fait le jeu PlayStation Studios le moins bien reçu depuis le lancement de la PS5. Ce n'est pas un mauvais jeu. C'est un jeu solide, très beau et sans ambition, qui ne tient la comparaison ni avec les Spider-Man du même studio ni avec ce qui sort en ce moment.

Marvel's Wolverine, capture d'écran

En résumé

13/20 Bon jeu

Pour qui

Ceux qui veulent un blockbuster PlayStation à l'ancienne, linéaire, très beau et bien joué, qu'on traverse en deux week-ends pour l'histoire de Logan et Jean, et qui acceptent des combats simples.

Pas pour qui

Ceux qui attendaient le système de combat des Spider-Man appliqué à Wolverine, ceux qui veulent du level design et de la profondeur, et ceux qui ne paient pas quatre-vingts euros un jeu qu'on aura fini avant le premier correctif.

Fiche technique

Studio
Insomniac Games
Éditeur
Sony Interactive Entertainment
Sortie
15 septembre 2026
Plateformes
PlayStation 5
Genres
Aventure, Hack'n'slash

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