Les notes en un coup d'oeil
Points forts
- Univers de Redrock visuellement cohérent et distinctif
- Histoire de Jacob Diaz avec une vraie identité narrative (implant, amnésie, conspiration)
- Patchs 2026 : stabilité solide, plus de crashes, missions rééquilibrées
- Contenu post-lancement sérieux (Update 7, DLC BLACKLISTED, roadmap extension)
- Quelques séquences originales qui sortent du lot (installation satellite, contrôle de drone)
Points faibles
- Gunfight sans sensations : chaque arme se comporte de la même façon
- Conduite générique, aucune différence mécanique entre les véhicules
- Structure de missions répétitive sur les 10-12h de campagne
- Les patchs ne corrigent pas les défauts de design fondamentaux
L'homme qui a produit GTA V et le jeu le plus raté de 2025
Leslie Benzies n'est pas n'importe qui dans l'industrie du jeu vidéo. Producteur chez Rockstar North de GTA III jusqu'à GTA V, il a participé à bâtir l'une des séries les plus vendues de l'histoire. Quand son studio Build A Rocket Boy annonce MindsEye avec IO Interactive comme éditeur, une ambition narrative affichée et un univers futuriste bien défini, les attentes sont réelles. La sortie du 10 juin 2025 transforme cet intérêt en désastre : performances catastrophiques sur PC, crashes à répétition, notes presse au plancher, Steam autour de 45% d'avis positifs. La presse anglo-saxonne le classe parmi les pires lancements de 2025. En mars 2026, IO Interactive met fin à sa collaboration d'édition. Build A Rocket Boy passe en auto-édition et déploie une série de patches majeurs. On a joué à la version 2026. Le verdict est plus nuancé que lors du lancement, mais MindsEye reste un jeu moyen.

Redrock a une vraie gueule, Jacob Diaz méritait un meilleur jeu
Ce qui fonctionne dans MindsEye, c'est précisément ce qu'aucun patch ne peut créer après coup : l'identité visuelle et narrative. La ville de Redrock possède une cohérence que peu de jeux de ce budget réussissent à maintenir. Les drones de surveillance de la Silva Corporation, les robots de patrouille militarisés, les affiches qui quadrillent chaque façade racontent un monde où la privatisation de l'ordre public a abouti quelque chose de crédible et d'inquiétant. C'est une écriture par l'environnement réussie.
L'histoire de Jacob Diaz fonctionne aussi dans ses grandes lignes. Ancien militaire, cinq années de sa vie effacées de sa mémoire, un implant neural baptisé MindsEye vissé dans la nuque dont il ne comprend pas encore les effets secondaires : l'entrée en matière est efficace. Sa quête pour retrouver Hunter Morrison, le scientifique à l'origine de l'implant, structure une campagne de dix à douze heures qui maintient l'intérêt malgré ses creux. Si MindsEye avait été un jeu linéaire et court, son scénario aurait peut-être eu une meilleure presse.

Un jeu d'action qui ne donne pas envie d'agir
Le problème central de MindsEye, que les patchs ne pouvaient pas résoudre, c'est que ses mécaniques de base sont sans relief. Les fusillades manquent de toute sensation : chaque arme produit à peu près le même retour sonore et le même comportement, ce qui supprime toute raison d'explorer l'arsenal. Les ennemis de la Silva Corporation encaissent les balles de façon uniforme, sans variation dans leurs réactions ni dans leurs patterns. Après trois heures, on a fait le tour de ce que le combat a à offrir.
La conduite souffre du même problème d'indifférenciation. Les véhicules de MindsEye se distinguent visuellement, pas mécaniquement : berline, pick-up ou moto réagissent de façon quasi identique, avec un système de collision imprévisible. Le contrôle de drone via l'implant MindsEye est l'idée la plus originale du jeu, mais elle se réduit en pratique à une caméra flottante avec des possibilités d'interaction limitées.
La structure des missions amplifie ces faiblesses. Environ 80% de la campagne repose sur la même boucle : aller vers un point, éliminer les gardes, quitter la zone. Quelques séquences sortent de ce schéma (une installation de satellite en apesanteur, une scène de massage cardiaque en QTE), mais leur rareté souligne l'absence d'ambition dans le reste du design.

Les patchs ont sauvé la technique, pas le game design
Il faut être honnête sur ce que les mises à jour de 2026 ont apporté. Au lancement, MindsEye était techniquement inacceptable : ralentissements fréquents, crashes répétés, textures qui s'affichaient avec plusieurs secondes de retard pendant les cinématiques. La version testée en 2026 n'a plus ces problèmes de façon systématique. L'Update 7 a rééquilibré les missions, amélioré le comportement de l'IA ennemie, lissé les animations de déplacement et les effets d'impact. Build A Rocket Boy a également ajouté du contenu : le DLC BLACKLISTED propose de jouer Julia Black, une assassine en mission à Redrock pour l'agence Meridian, et les détenteurs de l'édition Deluxe ont accès aux courses Silva E-Series dans le centre-ville. Une extension et un mode multijoueur dans l'ARCADIA sont annoncés pour les mois à venir.
Mais un patch ne change pas le game design. Les missions répétitives ne sont pas un bug, elles sont une décision. Les sensations de tir amorphes ne sont pas un dysfonctionnement technique. Ce que les patchs ont livré, c'est un jeu fonctionnel. Ce qu'ils ne pouvaient pas livrer, c'est un bon jeu.

10/20 : fonctionnel en 2026, médiocre par construction
MindsEye en 2026 est un jeu différent de celui qui a été massacré à sa sortie. Les patches l'ont rendu stable et jouable sans accroc, et c'est un progrès réel qu'il serait injuste d'ignorer. L'univers de Redrock a une personnalité, l'histoire de Jacob Diaz tient sur ses pieds, et Build A Rocket Boy montre une volonté de corriger le tir sur la durée.
Mais 10/20 sur notre barème, c'est "moyen", et c'est exactement ce qu'est MindsEye. Ses mécaniques de combat et de conduite n'auraient pas impressionné en 2019. Sa structure de missions lasse avant la fin du premier acte. Son monde ouvert est décoratif plus qu'interactif. Leslie Benzies voulait proposer une alternative à GTA en mettant l'histoire devant le bac à sable. Le résultat est un jeu qui ne réussit ni l'un ni l'autre complètement. Pas catastrophique. Pas recommandable non plus.
Pour qui ?
Les joueurs attirés par la fiction sci-fi et les univers dystopiques qui acceptent de passer sur des mécaniques datées pour suivre une histoire. Aussi : ceux qui veulent voir où en est MindsEye en 2026, après le naufrage médiatique du lancement.
Pas pour qui ?
Les joueurs qui attendent un GTA-like solide avec de vraies sensations de tir et de conduite. MindsEye est jouable en 2026, mais ne rivalise avec rien de ce qui s'est fait dans le genre ces cinq dernières années.
Données du jeu
| Studio | Build a Rocket Boy |
|---|---|
| Éditeur | IO Interactive |
| Date de sortie | 10 juin 2025 |
| Plateformes | PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S |
| Durée principale | 10h |
| Durée 100% | 12h |
| Metacritic | 39/100 |
| Steam | 46% d'avis positifs |
| Prix indicatif | 59.99 € |