Les notes en un coup d'oeil

16/20 JoueurLibre
80/100 Metacritic (presse)
94% Steam (joueurs)

Points forts

  • Une direction artistique rubber hose dessinée à la main, tenue de bout en bout sans jamais faiblir
  • Un FPS rapide et parfaitement lisible, avec une dizaine d'armes qui ont chacune leur caractère
  • Le décor comme arme : enclumes lâchées d'une corde, barils, pièges retournés contre les ennemis
  • Le double saut et le grappin, qui rouvrent les niveaux au fil de la progression
  • Des boss tous différents, avec leurs mécaniques propres et leur barre de vie à l'ancienne
  • Une bande-son jazz dynamique signée Patryk Scelina, avec un morceau de Caravan Palace
  • Troy Baker en Jack Pepper, juste ce qu'il faut de détective désabusé sans tomber dans la parodie
  • Les petits boulots, mieux écrits et plus drôles que bien des quêtes principales
  • La carte de Sourisville parcourue en voiture, qui supprime les transitions sèches entre missions
  • La revisite de niveau ajoutée en juillet, qui règle le principal défaut de structure du lancement
  • L'animation des rechargements et des morts d'ennemis, travaillée image par image
  • 12 à 20 heures pour 29,99 euros, et un collector réellement garni pour une fois

Points faibles

  • Une traduction française incohérente, qui rate presque tous les jeux de mots
  • Aucun doublage français
  • Une difficulté trop douce, même au réglage le plus élevé
  • Des mécaniques d'enquête plus décoratives qu'exigeantes, le crochetage devient trivial très vite
  • Pas de New Game+ ni de rejouabilité au-delà de la revisite de niveau
  • Des murs invisibles qui coupent l'exploration sans prévenir
  • Des animations de mort d'ennemis très répétitives sur la longueur
  • Des tutoriels qui reviennent une fois de trop
  • La version Switch 2, la plus fragile au lancement, encore en retrait après ses correctifs

Sourisville, 1934, dessiné à la main en noir et blanc

Ce test arrive quatre mois après la sortie du 16 avril, et c'est délibéré : on attendait la version boîte, arrivée le 10 juillet. Le calendrier a bien fait les choses, puisque la plus grosse mise à jour du jeu est tombée la veille et qu'elle corrige précisément ce que la presse lui reprochait au lancement. MOUSE: P.I. For Hire vient de Fumi Games, un studio indépendant de Varsovie fondé par Mateusz Michalak, pour qui c'est la première grosse production, et il est publié par l'australien PlaySide. L'action se passe en 1934 à Sourisville, métropole de souris anthropomorphes calquée sur le New York de l'époque, entièrement dessinée à la main dans le style rubber hose des cartoons des années 1930. On y incarne Jack Pepper, détective privé doublé par Troy Baker, chargé d'une disparition banale qui se transforme en affaire de corruption policière, de trafic et de conspiration occulte. Les comparaisons avec Cuphead et Bendy and the Ink Machine viennent tout de suite, mais la vraie référence est Steamboat Willie passé au film noir : des contours d'encre épais qui rebondissent, des décors bien plus détaillés et plus sombres que les personnages, et des ennemis qui explosent en laissant deux yeux qui clignent dans un tas de cendres.

Capture d'écran

Un FPS nerveux qui assume Doom et Quake

Le squelette du jeu, c'est un shooter à l'ancienne, rapide, sans visée à l'épaule, avec une dizaine d'armes qui vont du poing au fusil à pompe en passant par la mitraillette Thompson, le fusil à gel et la TNT. Chacune dispose d'un tir alternatif et de trois paliers d'amélioration, débloqués avec des plans ramassés dans les niveaux puis posés sur les établis B.A.N.G. : neuf schémas pour amener une arme au maximum, ce qui donne une raison solide de fouiller les recoins. L'absence de visée précise surprend deux minutes puis s'oublie, parce que tout est construit autour du mouvement et du décor. On tire dans une corde pour lâcher une enclume sur un groupe, on fait sauter un baril au bon moment, on récupère en cours de route le double saut puis le grappin, qui rouvrent des passages restés hors de portée. Les boss arrivent avec une barre de vie à l'ancienne en haut de l'écran et des mécaniques propres à chacun, sans jamais recycler celles du précédent. C'est lisible, ça pétille, et l'animation des rechargements est un spectacle à elle seule.

Capture d'écran

L'enquête tient debout, sans être un jeu de déduction

Entre deux missions, on conduit la voiture de Jack sur une carte de Sourisville vue de haut, on passe par les quartiers, les boutiques et les points d'intérêt, et cette liaison évite les transitions sèches qui plombent d'habitude ce genre de structure. L'enquête passe par un tableau de détective où l'on relie les indices entre eux, et par un crochetage qui demande de guider la queue de la souris dans un labyrinthe hérissé de pointes, chronométré sur les coffres noirs. À côté, les petits boulots, ces missions annexes qui creusent les personnages secondaires, valent souvent mieux que le fil principal pour l'écriture et pour l'humour. Game Informer a raison sur un point : on aurait pris volontiers plus de mécaniques d'enquête. Le tableau d'indices avance sans jamais vraiment résister, et le crochetage devient trivial passé les premières heures. Ce sont des respirations bien pensées entre deux fusillades, pas une seconde couche de jeu.

Capture d'écran

Le jazz de Patryk Scelina, et une traduction française qui décroche

La bande-son est signée Patryk Scelina et elle est dynamique au sens propre : nonchalante et feutrée pendant les phases d'enquête, elle bascule en big band frénétique dès que la fusillade démarre, et le raccord se fait sans coupure. Caravan Palace signe un morceau, qu'on retrouve sur le vinyle du collector. Côté voix, Troy Baker donne à Jack Pepper un phrasé de détective désabusé qui reste du bon côté de la parodie, entouré de Fred Tatasciore et de Camryn Grimes. Le doublage n'existe qu'en anglais, ce qui se défend dans ce registre. La traduction française, elle, décroche : incohérente d'un écran à l'autre, et surtout incapable de rendre les jeux de mots, qui portent la moitié de l'humour du jeu. À qui peut le faire, on conseille l'anglais sous-titré anglais, et ce n'est pas un conseil qu'on donne souvent.

Capture d'écran

La mise à jour de juillet rouvre les niveaux terminés

Au lancement, le principal reproche était structurel : une fois un niveau terminé, impossible d'y revenir pour ramasser un objet manqué ou finir un petit boulot laissé en plan. La mise à jour de juillet 2026, numérotée 1.2.0 sur Switch 2 et 1.2.1 sur PS5, Xbox et PC, puis complétée par une 1.2.2 sur toutes les machines, règle ça avec la revisite de niveau : on conduit jusqu'à une mission déjà bouclée sur la carte et on la relance. Elle apporte aussi plus d'une centaine de correctifs, le VRR sans limite, la prise en charge du 21:9 et du 32:9 sur PC, les niveaux d'amélioration affichés directement dans la roue d'armes, et un mode équilibré à 40 images par seconde sur Switch 2, qui était la version la plus en difficulté au lancement. Jouer aujourd'hui n'est plus tout à fait jouer au même jeu qu'en avril.

Il reste des scories. Pas de New Game+. Des murs invisibles qui coupent l'exploration là où on ne les attend pas. Des animations de mort d'ennemis qui se répètent beaucoup sur la longueur. Des tutoriels qui reviennent une fois de trop. Et une difficulté trop douce même au réglage le plus élevé, ce que TheGamer relève avec raison : on n'est jamais vraiment en danger. Rien de tout ça n'entame le plaisir, mais un joueur qui vient chercher de la résistance passera son chemin.

Douze à vingt heures pour 29,99 euros

Comptez 7 à 9 heures en fonçant sur le scénario, autour de 14 en jouant normalement, 20 à 25 pour tout ramasser, les 33 cartes de baseball comprises, qui servent de monnaie à un mini-jeu de cartes qu'on ne voyait pas venir. Le prix est de 29,99 euros en numérique sur toutes les boutiques, 34,99 en boîte standard sur PS5, et 54,99 pour la Mouseburg Edition PS5, 49,99 sur PC. Ce collector fait partie des rares à valoir son tarif : vinyle 7 pouces de quatre titres dont l'inédit de Caravan Palace, poster recto verso avec la carte de Sourisville et le schéma du pistolet de Jack, bande dessinée imprimée avec deux planches d'autocollants, trois cartes postales et les cartes à collectionner. Le jeu n'est pas au Game Pass, il est en revanche Xbox Play Anywhere. À ce tarif, pour ce niveau d'animation et ce degré de soin sur chaque détail, la question ne se pose pas longtemps. Les 730 000 exemplaires écoulés dès le mois de mai disent que le public l'avait compris avant nous. On a mis quatre mois à écrire ce test. On l'aurait écrit pareil en avril : c'est un coup de coeur.

Pour qui ?

Notre coup de coeur de l'année pour ceux qui aiment les FPS rapides à l'ancienne et qui veulent un univers dessiné à la main tenu du premier au dernier plan, avec une vraie ambiance de polar.

Pas pour qui ?

Ceux qui cherchent un jeu de déduction exigeant, une difficulté qui résiste, ou qui ne jouent qu'en français doublé.

Données du jeu

StudioFumi Games
ÉditeurPlaySide
Date de sortie16 avril 2026
PlateformesPC, PlayStation 5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch 2
Durée principale 12h
Durée 100% 22h
Metacritic 80/100
Steam 94% d'avis positifs
Prix indicatif29.99 €