Les notes en un coup d'oeil
Points forts
- Quêtes de factions parmi les meilleures de Bethesda (Ryujin, UC Vanguard, Crimson Fleet)
- Construction de vaisseau profonde et addictive
- Compagnons bien écrits avec vraie profondeur émotionnelle
- Univers de SF dur original, cohérent et ambitieux
- New Game+ qui change radicalement la lecture du jeu entier
- Plusieurs centaines d'heures de contenu
- Mise à jour Free Lanes 2026 qui répare (à peu près) le voyage spatial
Points faibles
- Cinq écrans de chargement pour voyager d'une planète à une autre
- Planètes procédurales vides en dehors des zones de quêtes
- Perte de l'exploration handcrafted des anciens Bethesda
- Démarrage lent, monde difficile à appréhender au début
Le plus attendu de la décennie
Starfield portait le poids d'une attente presque impossible. Vingt-cinq ans après Daggerfall, dix ans après Fallout 4, Bethesda annonçait son premier nouveau RPG depuis une génération : un jeu de rôle dans l'espace, pensé à la main, cent fois la taille de Skyrim. La déception d'une partie du public à la sortie en septembre 2023 est compréhensible : quand les attentes sont aussi démesurées, le moindre défaut devient une trahison. Mais Starfield n'est pas un mauvais jeu. C'est un jeu clivant, imparfait sur plusieurs points fondamentaux, et pourtant remarquable dans les domaines où Bethesda n'a jamais eu d'égal. La note joueurs sur Metacritic s'est stabilisée à 6,8/10. Celle de la presse à 83/100. La vérité se trouve bien plus près de la presse que du consensus en ligne, où le rejet de Starfield est rapidement devenu une posture autant qu'un avis.

Là où Bethesda excelle encore
Les quêtes des factions sont parmi les meilleures que le studio ait jamais écrites. La campagne de Ryujin Industries, qui vous fait infiltrer une mégacorporation de l'intérieur via une succession de missions d'espionnage et de manipulation, est un récit d'une rare qualité pour un jeu de cette envergure. Le Vanguard de l'UC vous fait traverser une guerre contre des aliens avec un twist narratif qui tient la distance. La Flotte Cramoisie vous offre le fantasme du pirate spatial avec un vrai dilemme moral à résoudre. Ces trois arcs de factions seuls justifient une centaine d'heures de jeu, et ils sont écrits avec la cohérence et l'épaisseur qu'on attendait.
La construction de vaisseau est une addiction à part entière. Assembler un cuirassé module par module, répartir la puissance entre réacteurs, bouclier et armement, puis le voir décoller pour la première fois procure la même satisfaction que Minecraft donne avec ses constructions, mais appliquée à un chasseur spatial de SF. Les compagnons retrouvent la profondeur de ceux de Mass Effect : Sarah Morgan, Andreja, Sam Coe et Barrett sont de vrais personnages avec des opinions tranchées sur vos décisions, des histoires personnelles à débloquer par paliers et une cohérence d'écriture qui tient sur les cent heures.

Les défauts que personne ne nie
Il faut être honnête : les deux critiques les plus répandues sont légitimes. Les temps de chargement sont omniprésents, de façon presque parodique. Aller d'une planète à une autre nécessite cinq transitions distinctes : entrer dans le vaisseau, décoller, ouvrir la carte stellaire, sélectionner le point d'atterrissage, sortir du vaisseau. Dans un genre où No Man's Sky vous laisse voler en temps réel depuis l'atmosphère jusqu'à l'orbite, c'est difficile à défendre en 2023.
Les planètes générées procéduralement posent un problème différent mais tout aussi réel. En dehors des villes et des zones de quêtes construites à la main, la surface des planètes est un désert copié-collé : les mêmes grottes, les mêmes avant-postes ennemis, les mêmes carcasses de vaisseaux. C'est la contradiction centrale du jeu. Bethesda a construit une promesse d'exploration spatiale monumentale, puis a utilisé la procédurale pour la remplir. Les fans de Morrowind et de Skyrim ont eu raison de le pointer, et aucun patch ne le résoudra entièrement.

New Game+ : là où le jeu trouve son sens
Ce que beaucoup de joueurs n'ont pas vu venir, c'est le New Game+. Finir Starfield une première fois n'est pas la fin de l'expérience, c'est le début. Chaque nouvelle partie conserve vos pouvoirs Starborn et votre progression, mais réinitialise le monde avec des dialogues différents, des personnages qui vous reconnaissent de façon troublante, et une narration qui commence à montrer ses vraies couches. C'est le pari le plus audacieux du jeu : que vous fassiez le voyage plusieurs fois, chacun révélant quelque chose de nouveau sur les Artéfacts et sur ce que votre personnage représente. La boucle est lente à se mettre en place, mais pour qui la comprend, elle change radicalement la lecture du jeu entier. C'est l'idée créative la plus originale dans un RPG Bethesda depuis Oblivion.

La version 2026 : le voyage réparé
En avril 2026, Bethesda a livré la mise à jour gratuite Free Lanes en même temps que la sortie PS5 du jeu, et elle s'attaque directement à la critique la plus répandue. Le Cruise Mode permet désormais de voler en temps réel entre les planètes d'un même système, avec des rencontres aléatoires et des événements dynamiques en chemin. Ce n'est pas No Man's Sky, mais c'est une transformation réelle de la façon dont on ressent les trajets : il y a enfin quelque chose entre les destinations, une sensation de traverser l'espace plutôt que de sauter d'un menu à l'autre. La mise à jour ajoute aussi de nouveaux véhicules terrestres, un système de personnalisation approfondi des équipements via les ressources X-Tech, et une station spatiale inédite comme point de départ. Le DLC payant Terran Armada propose une nouvelle faction militaire robotique avec un arc narratif court mais bien construit pour 9,99 €. Trois ans après sa sortie, Starfield n'est plus tout à fait le jeu que la presse a testé en 2023.
Un verdict qui va à contre-courant
Starfield a de vrais défauts, et personne ne vous demande de faire semblant. Mais il a aussi des centaines d'heures de contenu écrit avec soin, un univers de SF dur cohérent et ambitieux, un système de New Game+ qui n'existe nulle part ailleurs à cette échelle, et depuis 2026, une exploration spatiale qui commence enfin à tenir sa promesse. Ce n'est pas Skyrim dans l'espace. C'est autre chose, plus lent à comprendre, moins immédiat, et plus généreux pour qui lui donne le temps. 15/20. Pas malgré les défauts. Avec eux.
Pour qui ?
Les fans de RPG Bethesda, de SF dure et de construction de vaisseaux. Les joueurs prêts à s'investir sur plusieurs dizaines d'heures avant que le jeu révèle sa vraie nature en New Game+.
Pas pour qui ?
Ceux qui attendent une exploration spatiale fluide façon No Man's Sky, ou les joueurs qui veulent un monde ouvert aussi organique que Skyrim ou Oblivion.
Données du jeu
| Studio | Bethesda Game Studios |
|---|---|
| Éditeur | Bethesda Softworks |
| Date de sortie | 6 septembre 2023 |
| Plateformes | PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S |
| Durée principale | 25h |
| Durée 100% | 150h |
| Metacritic | 83/100 |
| Steam | 58% d'avis positifs |
| Prix indicatif | 49.99 € |