Jaquette de Tom Clancy's Splinter Cell

Test de Tom Clancy's Splinter Cell

Rejoué sur GameCube, le premier Splinter Cell garde une jauge de lumière imparable, mais ses niveaux rigides ont vieilli.

Publié le Joué sur GameCube (2003) 5 min de lecture Action Infiltration
14/20
Bon jeu La note de JoueurLibre
Sortie 2002 18 novembre 2002
Studio Ubisoft Montréal, Ubisoft Shanghai Édité par Ubisoft
Ce qu'en pensent les autres
JoueurLibre 14/20
Presse (Metacritic) 89/100
Joueurs (Steam) 88 %
Communauté (IGDB) 8.3/10

On aime

  • La jauge de lumière, une idée qui fonctionne toujours aussi bien
  • Des gadgets qui se combinent, de la caméra collante au câble optique
  • Le grand écart, les interrogations et les corps à cacher
  • Un son qui renseigne autant que l'image
  • Sam Fisher, sec et drôle, porté en VF par Daniel Beretta
  • Sur GameCube, une maniabilité bien adaptée et des bonus Game Boy Advance originaux

On regrette

  • Des niveaux en couloir avec une ou deux solutions prévues
  • Des échecs de mission brutaux qui imposent l'essai et l'erreur
  • Une intelligence artificielle inconstante
  • Sur GameCube, moins d'ombres, de l'aliasing et des ralentissements
  • Des bonus Game Boy Advance difficiles à exploiter aujourd'hui
  • Des cinématiques qui ont beaucoup vieilli

L'infiltration change de visage en 2002

Fin 2002, Metal Gear Solid 2 a un an sur PS2 avec ses cinématiques interminables, et Thief règne sur PC depuis quatre ans. Ubisoft Montréal, studio encore jeune, arrive avec un espion de la NSA en combinaison noire, trois lentilles vertes sur le front et une idée qui tient en un mot, l'ombre. Splinter Cell sort d'abord sur Xbox le 29 novembre 2002 en Europe, et il devient avec Halo la vitrine de la console de Microsoft. Metacritic lui donne 93 sur Xbox, et le jeu dépasse les six millions d'exemplaires toutes versions confondues au printemps 2004.

Les versions PS2 et GameCube, confiées à Ubisoft Shanghai, arrivent quelques mois après. Chez nous, la GameCube l'accueille le 6 juin 2003, et c'est cette version qu'on a rebranchée. À l'époque, jeuxvideo.com lui met 19 sur 20 et refuse de le noter moins bien que sur Xbox, parce que « les guerres de consoleux ne riment à rien ». Metacritic, plus sévère, lui donne 89.

Tom Clancy's Splinter Cell, capture d'écran

La jauge de lumière tient toujours

Le cœur du jeu n'a pas pris une ride. Une jauge indique en permanence à quel point Sam est visible, et tout le reste en découle. On tire dans une ampoule pour créer une zone noire, on attend qu'une patrouille passe, on se colle au mur, on attrape un garde par derrière pour l'interroger avant de l'assommer, puis on cache le corps là où la lumière ne le trouvera pas. La vision nocturne et la vision thermique changent la lecture d'une pièce, le câble optique permet de regarder sous une porte, et le grand écart entre deux murs d'un couloir étroit reste un des gestes les plus iconiques de l'infiltration.

Le SC-20K, le fusil de Sam, tire aussi des gadgets, de la caméra collante qu'on envoie sur un mur pour surveiller une pièce aux grenades de gaz. On crochète les serrures en tournant le stick jusqu'à sentir la goupille céder, on pirate un clavier, on désactive une caméra. Les meilleurs moments du jeu viennent de ces petits systèmes combinés, quand une salle pleine de gardes devient un puzzle qu'on résout sans que personne ne sache qu'on est passé.

Les gardes parlent entre eux, sifflent, se plaignent de leur ronde, et le son compte autant que l'image, puisqu'on apprend beaucoup en restant simplement caché à les écouter. Courir fait du bruit, marcher accroupi n'en fait presque pas. La musique de Michael Richard Plowman reste en retrait tant que personne ne vous a vu, puis s'emballe dès qu'un garde a un doute, et ce signal sonore est souvent le premier indice qu'une situation vous échappe.

Un jeu d'essais et d'erreurs

Là où Splinter Cell a vieilli, c'est dans sa rigidité. Les niveaux sont des couloirs avec une solution prévue, parfois deux, bien loin des grands terrains de jeu que la série proposera avec Chaos Theory. Certaines missions échouent au bout de quelques alarmes, ou dès qu'on tue quelqu'un qu'il ne fallait pas, et il faut alors recommencer depuis le dernier point de passage. On apprend un niveau en y mourant, et une partie de la tension de 2003 devient de la répétition en 2026.

Un garde oublie un collègue disparu au bout de quelques secondes, un autre repère Sam à travers une pénombre pourtant totale, et l'intelligence artificielle n'a pas la constance du reste du jeu. Les combats ouverts sont à éviter, la visée est lente et Sam encaisse très mal. Le jeu le veut ainsi, mais il manque l'outillage qu'on attend aujourd'hui d'une infiltration, comme la couverture automatique, le marquage des ennemis ou une sauvegarde plus souple.

Une version GameCube qui a ses propres idées

Sur GameCube, le jeu est un peu moins beau que sur Xbox. On perd des ombres, des textures sont plus pauvres, on voit de l'aliasing, et l'image ralentit dans les pièces les plus chargées en éclairages. Certains niveaux ont aussi été retouchés, avec des passages raccourcis ou réorganisés, et la mission bonus de la centrale nucléaire reste réservée à la PS2. La maniabilité, elle, s'adapte très bien à la manette. Le stick C tient la caméra, et une pression vers le bas passe directement aux jumelles, une nouveauté de cette version.

Branchée à la console avec le câble de liaison, une Game Boy Advance affiche une carte en temps réel des environs, sert de terminal pour pirater un ordinateur ou actionner une tourelle à distance, et débloque une bombe collante tirée au SC-20K avec son effet d'onde de choc. L'idée est bonne, surtout pour repérer les mines, mais en 2026 elle demande de retrouver une Game Boy Advance et un câble qui fonctionnent. Sans eux, on joue une version proche de celle de la PS2, la mission bonus en moins.

Tom Clancy's Splinter Cell, capture d'écran

Un agent de la NSA relu après Snowden

En août 2004, dans ce scénario estampillé Tom Clancy, un président géorgien s'empare du pouvoir, des agents américains disparaissent, et Sam Fisher, recruté par la division secrète Échelon 3 sous les ordres de Lambert, remonte une piste qui mène à une crise mondiale. À la sortie du jeu, la Géorgie n'avait pas encore connu sa révolution des Roses, qui arrivera en novembre 2003, et le scénario a gardé ce parfum de géopolitique de l'après 11 septembre. Relu en 2026, un héros de la NSA qui écoute tout et entre partout sonne très différemment depuis les révélations d'Edward Snowden en 2013.

Sam Fisher est sec, fatigué, drôle par moments, et on le retient bien plus que l'intrigue. En français, il a la voix de Daniel Beretta, le doubleur attitré d'Arnold Schwarzenegger, mort en mars 2024, et elle colle au personnage comme peu de doublages de l'époque. Les cinématiques de la version GameCube ont en revanche pris un gros coup de vieux.

Y jouer en 2026

La version GameCube se joue sur la console d'origine, sur une Wii, qui lit les disques GameCube et garde les ports de manette, ou en émulation avec Dolphin sur PC. Pour le reste, la version Xbox est rétrocompatible sur Xbox One et Xbox Series depuis juin 2019, et la version PC est vendue 9,99 € sur Steam, souvent en solde, avec 88 % d'avis positifs. Elle demande en général un correctif de la communauté pour s'afficher en 16/9. La trilogie HD sortie sur PS3 en 2011 se trouve encore d'occasion, sans les missions téléchargeables de la version Xbox.

La série n'a plus eu d'épisode principal depuis Blacklist en 2013. Le remake annoncé en décembre 2021 par Ubisoft Toronto sur le moteur Snowdrop est toujours en développement, sans date, et le studio a perdu 40 postes en février 2026. En attendant, Sam Fisher vit surtout sur Netflix, avec la série animée Splinter Cell: Deathwatch sortie le 14 octobre 2025, où Liev Schreiber lui prête sa voix, et renouvelée pour une deuxième saison.

Notre verdict en 2026

Splinter Cell reste un bon jeu d'infiltration, et son idée centrale, jouer avec la lumière, n'a rien perdu de sa force. Tout ce qui l'entoure a pris de l'âge. Les niveaux sont étroits, l'échec tombe vite et oblige à recommencer, l'intelligence artificielle hésite, et la version GameCube ajoute quelques concessions techniques à des bonus devenus difficiles à exploiter. Pour un amateur d'infiltration curieux de voir d'où vient Sam Fisher, le voyage vaut encore quelques soirées. Pour découvrir la série aujourd'hui, Chaos Theory reste la meilleure porte d'entrée.

Tom Clancy's Splinter Cell, capture d'écran

En résumé

14/20 Bon jeu

Pour qui

Les amateurs d'infiltration qui veulent voir d'où vient Sam Fisher, et ceux qui ont gardé une GameCube ou une Wii sous la télé.

Pas pour qui

Ceux qui découvrent la série, mieux servis par Chaos Theory, et ceux qui supportent mal de recommencer une mission.

Fiche technique

Studio
Ubisoft Montréal, Ubisoft Shanghai
Éditeur
Ubisoft
Sortie
18 novembre 2002
Metacritic
89/100
Steam
88 % d'avis positifs
Plateformes
PC, Nintendo GameCube, PlayStation 2, Xbox
Genres
Action, Infiltration

Dans le même esprit

Tous les tests