Jaquette de 007 First Light

Test de 007 First Light

IO Interactive offre à Bond une vraie origin story et un bac à sable d'infiltration brillant, freiné par une formule trop connue. Notre test, 15/20.

Publié le 5 min de lecture Action Aventure TPS
15/20
Excellent La note de JoueurLibre
Durée ~15 h 24 h pour le 100 %
Sortie 2026 27 mai 2026
Ce qu'en pensent les autres
JoueurLibre 15/20
Presse (Metacritic) 87/100
Joueurs (Steam) 91 %
Communauté (IGDB) 8.4/10

On aime

  • Des niveaux ouverts et denses qui multiplient vraiment les approches
  • L'infiltration sociale et les déguisements héritent du meilleur de Hitman
  • Patrick Gibson campe un jeune Bond crédible, charismatique sans imiter Craig
  • Des fusillades nerveuses avec couverture, destruction et ralenti bien dosé
  • Une réalisation superbe, des animations faciales au sommet
  • Un grand spectacle assumé entre infiltration, gadgets et séquences de conduite

On regrette

  • La recette IO Interactive sent parfois le déjà-vu pendant de longues sections
  • Le grand méchant manque cruellement de présence et d'aura
  • Le scénario se précipite dans son dernier tiers
  • Le corps à corps, calqué sur les Batman Arkham, reste superficiel
  • Des temps de chargement à rallonge qui cassent le rythme à chaque mort
  • Aucun doublage français au lancement, une première pour la licence depuis 2001

Le studio Hitman s'attaque enfin à James Bond

007 First Light est sorti le 27 mai 2026 sur PS5, Xbox Series X|S et PC, la version Nintendo Switch 2 étant repoussée à plus tard dans l'été. Le jeu était d'abord attendu en mars, avant un décalage de deux mois présenté par le studio comme du temps de finition. Aux commandes, IO Interactive, le studio danois de la trilogie Hitman moderne, épaulé cette fois par Amazon MGM, qui détient désormais la licence de l'espion britannique au cinéma. Le pedigree force le respect. Si une équipe sait construire des terrains de jeu pour assassin chic, c'est bien celle-là.

Le pari est aussi narratif. First Light n'adapte aucun film et raconte une origine inédite, celle d'un Bond de 26 ans qui gagne son matricule 00 et son permis de tuer. On démarre sur une mission en Islande qui tourne mal, avant d'intégrer un programme d'élite du MI6 et de partir sur la piste d'un agent renégat, le fameux 009. Le jeu montre comment l'homme devient la légende, loin du smoking et des certitudes du Bond de cinéma, et l'idée est belle.

007 First Light, capture d'écran

Un bac à sable d'infiltration qui assume son héritage

Sur le terrain, on reconnaît tout de suite la patte maison. Chaque mission est un grand espace ouvert et dense, peuplé de gardes en patrouille, de civils, de caméras et de zones interdites. On observe, on écoute les conversations pour glaner des renseignements, on repère les déguisements qui ouvrent des portes, puis on trace son chemin. On peut neutraliser sa cible en costume de serveur, saboter une installation, isoler un garde dans un coin sombre ou foncer dans le tas. First Light laisse vraiment le choix, et c'est sa plus grande réussite. Éplucher un niveau, tester une approche et en découvrir une meilleure en chemin procure un plaisir intact.

IO Interactive jure que First Light n'est pas un Hitman maquillé, et c'est en partie vrai. L'infiltration sociale, les herbes hautes où l'on se planque, la jauge d'instinct qui aide à lire la situation et les pièces de gadget à récupérer obligent à gérer ses ressources. On ne peut pas tout faire tout le temps, il faut choisir ses outils. Cette économie de moyens donne du relief aux missions et pousse à les rejouer, d'autant que le studio prévoit de les faire revivre par du contenu en ligne.

Castagne à la Arkham et fusillades sous tension

Quand la discrétion tombe, First Light bascule dans l'action sans rougir. Le corps à corps repose sur des coups et des contres qui rappellent ouvertement les Batman Arkham. C'est lisible et spectaculaire deux minutes, puis ça devient le maillon faible. On enchaîne les animations sans jamais sentir de profondeur, et l'ensemble tourne vite en rond. Bond cogne joliment, mais sans génie.

Les fusillades s'en sortent bien mieux. Le jeu mise sur la couverture, des décors qui se détruisent sous les balles et des munitions comptées qui obligent à réfléchir plutôt qu'à arroser. Une riposte bien placée déclenche un court ralenti, dans l'esprit de Red Dead Redemption, qui récompense le sang-froid et offre ces instants de bravoure très cinéma propres à la saga. Ce n'est pas le jeu de tir le plus pointu du marché, mais c'est nerveux, tendu et toujours au service de la mise en scène.

Gadgets et voiture pour le grand spectacle

Q n'a pas attendu d'être vieux pour équiper son agent. First Light distribue son lot de gadgets d'espion pour aveugler un adversaire, neutraliser une caméra ou pirater une installation. Rien de révolutionnaire, mais l'éventail colle parfaitement à la fantaisie Bond et élargit les approches. Le jeu ponctue aussi ses phases feutrées de séquences de conduite explosives et de morceaux de bravoure très scriptés, façon montagnes russes, qui rappellent qu'on tient d'abord un blockbuster. L'alternance entre tension silencieuse et grand spectacle fait tout le rythme du jeu, même si les coutures du script se voient parfois un peu trop.

007 First Light, capture d'écran

Patrick Gibson sauve une histoire qui s'essouffle

Le casting fait mouche. Patrick Gibson, vu dans la série Dexter: Original Sin, prête ses traits et sa voix à Bond. Il est assez sérieux pour qu'on y croie et assez charmeur pour que la légende pointe, sans chercher à singer Daniel Craig. Autour de lui, une distribution solide donne vie à un MI6 naissant, avec Lennie James en mentor, Priyanga Burford en M, Alastair Mackenzie en Q et Kiera Lester en Moneypenny. La bande-son, qui s'offre un morceau de Lana Del Rey, soigne l'ambiance feutrée et glamour.

L'écriture coince. L'histoire démarre fort, attache au personnage et distille de jolies idées, puis se précipite nettement dans son dernier tiers, comme pressée de conclure. L'antagoniste manque surtout d'aura. Bond a bâti sa renommée sur des méchants inoubliables, et First Light propose une menace fonctionnelle mais fade, qui ne marque jamais. L'occasion est ratée, et elle pèse sur le souvenir qu'on garde de la quinzaine d'heures de campagne.

Beau et fluide mais plombé par les chargements et l'absence de VF

Techniquement, c'est du sérieux. Les animations faciales sont parmi les plus convaincantes du moment, les environnements regorgent de détails, la lumière et les ombres flattent l'œil. Sur les machines les plus musclées, le 60 images par seconde tient la route et rend les fusillades agréables, même si certains modes d'affichage sur console sont moins stables et que quelques bugs de point de sauvegarde ou de reprise rapide ont été signalés.

Les temps de chargement sont le vrai grief, et à peu près tout le monde le partage. Ils sont longs, fréquents et particulièrement pénibles après chaque mort, dans un jeu qui invite justement à expérimenter et donc à recommencer souvent.

First Light arrive enfin sans aucun doublage français, en anglais sous-titré uniquement, et une partie du public français va le regretter. C'est une première pour Bond en jeu vidéo, qui avait droit à une VF depuis le début des années 2000. Rien n'interdit un ajout plus tard, mais en l'état les joueurs attachés à la version française devront faire sans, et le sujet anime déjà les forums.

Un excellent terrain de jeu d'espion pour un Bond pas tout à fait inoubliable

La presse internationale a largement encensé First Light, avec une avalanche de notes très élevées. On se place un cran en dessous. C'est un très bon jeu, qu'on recommande sans hésiter aux amateurs d'infiltration, mais pas le chef-d'œuvre qu'on lui a parfois prêté. First Light brille quand il déploie ses niveaux ouverts, quand il laisse improviser et quand il joue le grand spectacle. Il convainc moins quand il recycle un peu trop la formule maison, quand son méchant s'efface et quand son scénario file vers une fin expédiée.

IO Interactive a tout de même trouvé une vraie place pour James Bond dans le jeu vidéo, et offre à l'agent une jeunesse jouable bien plus inspirée que la plupart des adaptations passées. Avec un antagoniste à la hauteur, des chargements raccourcis et un combat moins paresseux, le prochain épisode pourrait viser bien plus haut. Cette première mission est déjà une réussite solide, qui mérite le détour pour quiconque aime se faufiler dans l'ombre avant de commander un Martini.

007 First Light, capture d'écran

En résumé

15/20 Excellent

Pour qui

Les amateurs de Hitman et d'infiltration en bac à sable, qui aiment observer un niveau, repérer les déguisements, les patrouilles et les dizaines de chemins possibles avant d'agir. Les fans de James Bond curieux d'une vraie histoire d'origine où l'agent gagne son matricule 00. Et ceux qui veulent un grand jeu d'action solo, beau et varié, qui alterne tension feutrée et morceaux de bravoure dignes du cinéma.

Pas pour qui

Les joueurs lassés de la formule IO Interactive, qui trouveront vite que First Light recycle Hitman sans assez le renouveler. Ceux qui cherchent un grand méchant mémorable et un scénario tendu de bout en bout, car le jeu déçoit sur sa fin. Les amateurs de jeu de tir pur, le combat n'étant pas la priorité ici. Et les joueurs attachés à la VF, pour qui l'absence totale de doublage français sera un vrai point noir.

Fiche technique

Studio
IO Interactive
Éditeur
IO Interactive
Sortie
27 mai 2026
Durée principale
15 h
Durée 100 %
24 h
Metacritic
87/100
Steam
91 % d'avis positifs
Plateformes
PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S
Genres
Action, Aventure, TPS, Infiltration, Shooter

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