Les notes en un coup d'oeil

16/20 JoueurLibre
82/100 Metacritic (presse)
84% Steam (joueurs)

Points forts

  • Une campagne épique, superbement mise en scène du début à la fin
  • Un des plus beaux jeux de la génération, avec des centaines d'ennemis à l'écran
  • Un système de combat bourrin en apparence, mais exigeant sur la parade et l'esquive
  • L'armure qui se récupère en exécution, qui force à jouer vers l'avant
  • Un univers Warhammer 40,000 respecté et pris au sérieux, sans second degré
  • Campagne, Opérations, mode Siège et Guerre éternelle, tout est jouable en coopération
  • Crossplay complet entre PC, PS5 et Xbox Series
  • Six classes plus le Techmarine, et des paliers de difficulté qui montent très haut
  • Deux ans de contenu ajouté gratuitement, une troisième année confirmée
  • Un doublage français soigné

Points faibles

  • Un sentiment de répétition qui s'installe vers les trois quarts de la campagne
  • Des objectifs peu variés, souvent la même position à tenir
  • Aucun mode performance sur Xbox Series S, bloquée à 30 images par seconde
  • Un mode performance pas totalement stable sur Series X et PS5 dans les gros pics
  • Une campagne courte pour qui vient uniquement pour l'histoire
  • La coopération plafonnée à trois joueurs
  • La progression de campagne de l'invité, mal reportée après une partie chez un ami

Titus revient, dégradé mais debout

Treize ans après un premier épisode culte et bancal, Saber Interactive reprend Demetrian Titus exactement là où l'Inquisition l'avait laissé. Soupçonné de corruption après avoir sauvé le monde-forge de Graïa, le héros a purgé un siècle de service dans la Deathwatch, puis a subi la chirurgie du Rubicon Primaris pour survivre à ses blessures. Il réintègre les Ultramarines avec un grade en moins, simple lieutenant, et deux frères d'armes qui ne lui accordent aucune confiance : le sergent Gadriel, raide comme la doctrine, et Chairon, le vétéran taciturne. Le trio est lâché dans le système Récidious, sur la jungle de Kadaku, sur le monde-ruche d'Avarax puis sur le monde-cimetière de Demerium, pour freiner la flotte Léviathan et récupérer le Projet Aurora. Ce qui commence comme une opération de contention face aux Tyranides bascule à mi-parcours vers le Chaos, les Mille Fils et le sorcier Imurah, et l'affaire prend une tout autre ampleur. L'écriture n'invente rien, elle assume : c'est un récit de guerre militaire, sans ironie, où des surhommes en armure céramite parlent devoir, honneur et damnation avec un sérieux total. Et ça fonctionne, parce que la mise en scène tient la note du début à la fin, avec des plans d'arrivée en orbite, des cathédrales de pierre noire et des marées d'insectes qui recouvrent l'horizon.

Capture d'écran

Une des plus belles claques de cette génération

Il faut le dire sans détour : sur Xbox Series X, Space Marine 2 fait partie du très petit groupe de jeux qui justifient la machine. Le Swarm Engine maison affiche des vagues qui se comptent en centaines d'individus à l'écran, avec des Tyranides qui escaladent les murs, débordent par les flancs et se font faucher par paquets, sans que l'image bronche. Les armures sont d'une densité de détail rare, la gestion de la lumière sur les surfaces métalliques est superbe, et les décors de monde-ruche, avec leurs kilomètres de verticalité, donnent une échelle que peu de jeux d'action osent. Le rendu tient la comparaison avec ce que sortent des studios dix fois plus riches. Sur Series X comme sur PS5, deux modes cohabitent, un mode qualité à 30 images par seconde et un mode performance à 60 qui n'est pas parfaitement stable dans les gros pics de population. Sur Series S, en revanche, la note baisse : la petite console tourne en 1440p reconstruit depuis du 1080p, à 30 images par seconde uniquement, sans aucun mode performance, et près de deux ans après la sortie ce mode n'est toujours pas arrivé. Passer d'une machine à l'autre en cours de campagne se sent immédiatement, sans casser le plaisir. Sur PC haut de gamme, avec la génération d'images ajoutée fin 2024, le spectacle est encore d'un cran au-dessus.

Capture d'écran

Bourrin en surface, technique en dessous

Le système de combat est la vraie réussite du jeu, et le piège serait de le réduire à sa brutalité. On alterne en permanence le tir et le corps à corps, les deux se nourrissant l'un l'autre : les coups signalés en bleu se parent, ceux en rouge obligent à esquiver, et une parade réussie ouvre une fenêtre de tir de riposte qui punit l'assaillant. La barre d'armure ne se régénère pas toute seule, elle se récupère en achevant un ennemi étourdi au corps à corps, ce qui pousse à rentrer dans le tas au moment précis où l'instinct dit de reculer. Toute la tension vient de là. L'arsenal accompagne bien cette idée, entre les bolters de toutes tailles, la lame tronçonneuse, l'épée énergétique, le marteau tonnerre, le fusil à plasma et le lance-flammes lourd, chacun avec une personnalité franche. La campagne propose quatre difficultés, de Facile à Ange de la Mort, et le mode Vétéran est clairement celui pour lequel le jeu a été calibré. Les Opérations, elles, empilent les paliers de menace, de Minime à Impitoyable, avec deux crans supplémentaires ajoutés depuis, et là le titre devient un vrai jeu d'équipe où l'on compte ses stimulants et où l'on couvre le frère qui recharge. Six classes se partagent le travail, Tactique, Assaut, Avant-garde, Rempart, Tireur d'élite et Lourd, rejointes en janvier 2026 par le Techmarine.

Capture d'écran

Tout est jouable à trois, et le crossplay marche vraiment

C'est le point qui change tout, et qu'aucun concurrent ne propose aussi proprement. La campagne entière se joue en coopération à trois : les deux compagnons de Titus ne sont pas des figurants, ce sont les places de vos amis, cinématiques comprises. Les Opérations racontent la même guerre vue depuis une autre escouade, sur des cartes qui se sont multipliées au fil des mises à jour. Le mode Siège, ajouté gratuitement en juin 2025, propose une survie à trois face à des vagues infinies sur Kadaku, avec objectifs secondaires et renforts à invoquer. Et la Guerre éternelle offre du 6 contre 6 entre Space Marines loyalistes et guerriers du Chaos, sur trois modes classiques, Anéantissement, Occupation de terrain et Capture et Contrôle. Le tout fonctionne en crossplay complet entre Steam, l'Epic Games Store, la PS5 et les Xbox Series, sans manipulation obscure, ce qui règle en une case à cocher le problème habituel des groupes d'amis dispersés entre machines. Deux réserves quand même : la coopération est plafonnée à trois joueurs, un choix assumé par le studio pour ne pas ruiner l'équilibre, et l'invité qui traverse la campagne chez un ami ne voit pas sa propre progression se valider aussi clairement que celle de l'hôte, ce qui oblige parfois à aller rechercher la bonne mission dans la console du vaisseau.

Capture d'écran

Le dernier quart tourne un peu en rond, mais il arrive vite

Le seul reproche sérieux se manifeste vers les trois quarts de la campagne. À ce stade, on a fait le tour des situations : tenir une position pendant qu'un mécanisme s'active, dégager un couloir, escorter un serviteur du Mechanicus, recommencer. Les arènes se ressemblent, les objectifs se répètent, et l'énorme sensation de puissance des premières heures se change en routine bien huilée. La bonne nouvelle, c'est que la campagne dure une dizaine d'heures et se termine donc avant l'usure véritable, sur un final qui remet le paquet. La seconde bonne nouvelle, c'est que le jeu de 2026 n'est plus celui de 2024 : deux années de suivi ont ajouté des Opérations, des cartes, des armes, des classes, un mode de survie et des stratagèmes tactiques, le tout gratuitement, seuls les cosmétiques passant par les Season Pass. Une troisième année de contenu est confirmée, la barre des douze millions de joueurs a été franchie en avril 2026, et Space Marine 3 est en développement chez le même studio. Autant dire que l'investissement est sûr. Et comme le titre figure aujourd'hui au Game Pass comme au catalogue PlayStation Plus Extra, la question du prix ne se pose même plus pour une bonne partie des joueurs : c'est un des rendez-vous à ne pas manquer de cette génération, à jouer en solo pour l'histoire, puis à refaire à trois pour le reste.

Pour qui ?

Ceux qui veulent une grande claque technique, un combat brutal et précis, et surtout une aventure entière jouable avec deux amis quelle que soit leur console.

Pas pour qui ?

Ceux qui cherchent une campagne longue, des objectifs variés, ou qui jouent exclusivement sur Xbox Series S en exigeant 60 images par seconde.

Données du jeu

StudioSaber Interactive
ÉditeurFocus Entertainment
Date de sortie9 septembre 2024
PlateformesPC, PlayStation 5, Xbox Series X|S
Durée principale 10h
Durée 100% 20h
Metacritic 82/100
Steam 84% d'avis positifs
Prix indicatif59.99 €