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Le résumé est écrit par l'assistant choisi, pas par nous. Il lit la page et peut se tromper : le texte d'origine fait foi.
Les notes en un coup d'oeil
Points forts
- Les combats de boss, seuls vrais éclats du jeu, lisibles et bien rythmés
- Une préquelle intéressante sur le papier : un Kratos jeune, encore humain, avant la tragédie
- La relation avec son frère Deimos, qui prend un peu d'épaisseur dans la seconde moitié
- Des voix convaincantes, qui font le travail
- Quelques panoramas pixel art par endroits réussis
Points faibles
- Un Metroidvania scolaire, sans une seule idée neuve, dans un genre déjà saturé de chefs-d'oeuvre
- Un combat plat en dehors des boss, qui se résume vite à esquiver et parer, sans saveur
- Des énigmes d'une rigidité navrante : un outil précis pour un objet précis, aucune place à l'astuce
- Un jeu qui communique mal ses mécaniques : on bloque par manque d'indications, pas par malice de level design
- Une avalanche d'objectifs secondaires redondants qui ne récompensent que des matériaux d'amélioration
- Un pixel art terne, à la palette éteinte, très en dessous des standards actuels du genre
- Des dialogues d'ado sarcastique qui sonnent complètement faux dans la Grèce antique
- Des soucis techniques : chutes de framerate, désynchronisation audio, bug d'écran noir en fin de combat
- Le coop local verrouillé tant qu'on n'a pas fini le jeu, soit trop tard pour donner envie
Une préquelle lâchée sans prévenir, et ça se sent
Le 12 février 2026, Sony a fait tomber God of War : Sons of Sparta sans crier gare, en plein State of Play, disponible le soir même. Un shadowdrop, cette technique qui consiste à sortir un jeu par surprise. C'est souvent bon signe pour un petit projet qu'on assume avec fierté. C'est parfois, aussi, la meilleure façon de limiter la casse. Après une dizaine d'heures en compagnie de ce jeune Kratos, on penche clairement pour la seconde hypothèse.
Sur le papier, l'idée avait de quoi séduire. Développé par Mega Cat Studios avec Santa Monica, Sons of Sparta est un Metroidvania en pixel art, une préquelle canonique qui remonte avant tous les autres épisodes, du temps où Kratos et son frère Deimos n'étaient que des cadets à l'entraînement dans l'impitoyable Agoge spartiate, quelque part dans la région de Laconie. Voir enfin ce Kratos-là, jeune, entier, pas encore brisé par la tragédie, encore capable de croire en ses dieux et d'aimer son frère, c'était une belle promesse. Le problème, c'est qu'entre la promesse et la manette, il y a un jeu. Et ce jeu ne va nulle part.

Un Metroidvania qui n'a rien vu, rien appris, rien tenté
Disons les choses franchement, parce que c'est notre rôle : Sons of Sparta est un Metroidvania scolaire. Pas raté, non. Scolaire. Il coche les cases, une par une, sans jamais en dépasser une seule. On explore une carte qui se déverrouille au fil des pouvoirs, on récupère un objet dans un temple qui sert à la fois d'arme et de clé, on revient ouvrir la porte qu'on ne pouvait pas franchir tout à l'heure. Vous avez déjà fait tout ça. Des dizaines de fois. En mieux.
Et c'est bien là que le bât blesse. Le Metroidvania est sans doute le genre le plus riche et le plus concurrentiel du jeu indépendant. Pour exister à côté de Hollow Knight, de Metroid Dread, d'Ori, de Blasphemous ou du récent Prince of Persia The Lost Crown, il faut une idée, une identité, une signature. Sons of Sparta n'en a aucune. Il avance sur des rails que d'autres ont posés, polis et sublimés il y a des années, et il ne fait que les suivre, poliment, sans jamais nous surprendre une seule fois.

Un combat sans saveur, sauvé de justesse par ses boss
Le jeune Kratos n'a pas encore la force du colosse qu'il deviendra. L'intention est bonne : il faut jouer prudent, esquiver, parer, choisir son moment. Sauf que dans les faits, le combat de base est plat. On tape, on roule, on retape. Passé la première heure, la routine s'installe et ne bouge plus. Les affrontements ordinaires n'ont ni poids, ni impact, ni cette gourmandise qu'on attend d'un God of War, fût-il en deux dimensions.
Le seul vrai frisson vient des boss. Là, le jeu se réveille : les affrontements sont lisibles, exigeants, plutôt bien mis en scène, et ce sont les rares moments où l'on se prend au jeu. C'est trop peu. Un Metroidvania se vit dans ses centaines de combats de couloir autant que dans ses pics, et quand les premiers sont aussi fades, les seconds ne suffisent pas à porter l'ensemble.

Bloqué, mais pas par ingéniosité
Il y a deux façons d'être coincé dans un jeu d'exploration. La bonne : sentir qu'une solution existe, tourner autour, avoir le déclic, jubiler. La mauvaise : rester planté parce que le jeu a oublié de vous expliquer ce que fait l'objet qu'il vient de vous donner. Sons of Sparta cultive la seconde. On récupère un outil, on ne comprend pas bien son usage, on erre, on finit par trouver par accident. Ce n'est pas de la difficulté, c'est de la mauvaise communication.
Ses énigmes n'arrangent rien. Elles sont d'une rigidité mécanique : tel outil pour tel objet, point final. Aucune place laissée à la débrouille, à la lecture personnelle du décor, à la petite fierté d'avoir trouvé un usage détourné. On applique une formule, on passe à la salle suivante. Et pour meubler entre deux, le jeu vous noie sous des objectifs secondaires redondants dont la seule récompense est, presque toujours, un peu de matériau d'amélioration. Du remplissage à l'état pur.

Un pixel art terne et une écriture qui déraille
Visuellement, le jeu est correct sans plus. Le pixel art fait le travail, offre çà et là un joli panorama, mais la palette est éteinte, l'ensemble manque de personnalité, et la comparaison avec les références actuelles du genre, autrement plus flamboyantes, tourne vite au désavantage. On n'est pas devant un jeu laid, on est devant un jeu qu'on oublie en fermant les yeux.
Reste l'écriture, censée être l'atout de la maison. Le récit part mollement, se réchauffe dans sa seconde moitié, et la relation entre les deux frères finit par dégager un peu d'émotion. Malheureusement, un choix d'écriture sabote régulièrement l'ambiance : ce jeune Kratos et son entourage manient un humour d'ado sarcastique, un ton de sitcom moderne qui jure violemment avec la Grèce antique et avec la gravité de la saga. On sourit parfois, on grince plus souvent. Ajoutez à cela quelques soucis techniques bien réels, chutes de framerate, désynchronisation entre voix et image, un vilain bug d'écran noir en fin de combat qui oblige à refaire l'affrontement, et le vernis craque pour de bon.
Presse indulgente, JoueurLibre beaucoup moins
La presse a majoritairement rangé le jeu autour de 7 ou 7,5 sur 10 : un titre honnête, compétent, sans éclat, voilà le consensus. On comprend la note, on ne la partage pas. Parce que 7,5 sur 10, pour beaucoup de lecteurs, ça veut dire bon jeu à conseiller. Or c'est précisément ce que Sons of Sparta n'est pas. Notre échelle ne récompense pas la compétence tiède : un jeu qui n'apporte rien dans un genre qui offre déjà le meilleur du médium ne peut pas être recommandé les yeux fermés.
D'où notre 10 sur 20. Chez nous, ce n'est pas l'insulte que certains y liront : c'est un jeu strictement moyen, ni bon ni catastrophique, qui se laisse traverser sans déplaisir mais qu'on n'a aucune raison de préférer à dix autres. Et quand un jeu ne se distingue jamais, la seule note honnête est celle qui refuse de faire semblant.
Le verdict
On aurait voulu aimer Sons of Sparta. L'idée d'un Kratos adolescent, humain, fraternel, avant la spirale de sang, méritait un grand jeu. Ce qu'on obtient est un Metroidvania appliqué et sans âme, au combat plat, aux énigmes rigides, à la présentation quelconque, qui se contente de refaire, en moins bien, ce que le genre a déjà porté au sommet. Les bons combats de boss et l'attachement fraternel ne rachètent pas un ennui qui s'installe vite et ne repart jamais vraiment.
Le plus dur à écrire, c'est ceci : même à un fan pur et dur de la licence, on ne peut pas conseiller ce détour. Non par sévérité gratuite, mais parce que le temps d'une vie de joueur est compté, et qu'il existe, là, maintenant, une dizaine de Metroidvania qui vous donneront cent fois plus. Sons of Sparta n'est pas un accident. C'est juste un jeu qu'on peut, sans le moindre regret, laisser passer. Notre note s'arrête à 10 sur 20, et l'histoire du jeune Kratos, elle, aurait mérité mieux que ça.
Pour qui ?
Pour les complétistes de la licence, les vrais, ceux qui veulent avoir vécu chaque miette du passé de Kratos et découvrir enfin, manette en main, ses années à l'Agoge aux côtés de son frère Deimos. Si votre seul critère est la curiosité pour la mythologie interne de la saga, et que vous êtes prêts à pardonner un gameplay quelconque pour un bout de récit canonique, Sons of Sparta vous donnera ça, et à peu près uniquement ça. En clair : pour les archivistes de God of War, pas pour les joueurs.
Pas pour qui ?
Pour tout le monde ou presque, et en premier lieu pour les amateurs de Metroidvania. C'est là que le verdict tombe : le genre croule sous les chefs-d'oeuvre, de Hollow Knight à Metroid Dread, de Blasphemous à Prince of Persia The Lost Crown, et Sons of Sparta n'arrive à la cheville d'aucun d'eux. Pour les fans de la licence venus chercher la puissance et la mise en scène des épisodes modernes : ici, tout est petit, rigide et sans nerf. Pour ceux qui détestent bloquer bêtement faute d'explication plutôt que par manque d'ingéniosité. Et pour quiconque a une liste d'attente : il y a, littéralement, dix jeux meilleurs à lancer avant celui-ci.
Données du jeu
| Studio | Mega Cat Studios |
|---|---|
| Éditeur | Sony Interactive Entertainment |
| Date de sortie | 12 février 2026 |
| Plateformes | PlayStation 5 |
| Durée principale | 20h |
| Durée 100% | 35h |
| Metacritic | 64/100 |
| Prix indicatif | 29.99 € |