Jaquette de The Legend of Zelda: Twilight Princess

Test de The Legend of Zelda: Twilight Princess

Rejoué dans sa version HD, Twilight Princess garde des donjons superbes et une Midona inoubliable, mais son début a vieilli.

Publié le Joué sur Wii U (version HD de 2016) 5 min de lecture Aventure Action-aventure
16/20
Excellent La note de JoueurLibre
Durée ~30 h 56 h pour le 100 %
Sortie 2006 19 novembre 2006
Ce qu'en pensent les autres
JoueurLibre 16/20
Presse (Metacritic) 96/100
Communauté (IGDB) 8.5/10

On aime

  • Neuf donjons longs et inventifs, du Temple Abyssal aux Ruines des Pics Blancs
  • Midona, le personnage le mieux écrit de toute la série
  • Les sept techniques secrètes de l'Esprit du Héros, qui donnent du fond au combat
  • Les combats à cheval, joute du Pont d'Ordinn en tête
  • Une dernière partie et une fin qui marquent
  • Sur Wii U, des textures refaites, moins de larmes à récolter et le GamePad pour l'inventaire

On regrette

  • Deux à trois heures de tutoriel au Village de Toal avant le premier donjon
  • La collecte des larmes de lumière, répétitive même raccourcie
  • Des objets brillants dans leur donjon puis presque inutiles
  • Très peu de difficulté hors mode Héros
  • Une Plaine d'Hyrule grande mais vide, et un filtre brun qui a vieilli
  • Xanto et Ganondorf, deux méchants bien moins réussis que Midona
  • Introuvable sur Switch et Switch 2, il faut une Wii U et le disque

Le Zelda que les fans réclamaient depuis Celda

Mai 2004, conférence Nintendo de l'E3 à Los Angeles. Une bande-annonce montre un Link adulte à cheval, des monstres dans la brume et une lumière de fin du monde, puis Shigeru Miyamoto déboule sur scène avec une épée et un bouclier. La salle hurle et se lève. Deux ans après les moqueries sur le cel-shading de Wind Waker, Nintendo donne aux fans exactement ce qu'ils réclamaient, un Zelda sombre et réaliste dans la lignée d'Ocarina of Time.

Prévu sur GameCube pour la fin 2005, le jeu glisse d'un an et devient le titre phare du lancement de la Wii, le 8 décembre 2006 en Europe, une semaine avant la version GameCube. Pour coller au geste de la Wiimote tenue dans la main droite, toute la carte de la version Wii est inversée en miroir et Link devient droitier. On frappe en secouant la télécommande et on vise en la pointant vers l'écran, ce qui faisait beaucoup pour l'effet de nouveauté en 2006. La critique suit. Metacritic lui donne 95 sur Wii et 96 sur GameCube, et Romendil, sur jeuxvideo.com, parle de « l'apothéose de la saga ». Avec 8,85 millions d'exemplaires, il reste le Zelda le plus vendu jusqu'à Breath of the Wild.

The Legend of Zelda: Twilight Princess, capture d'écran

Trois heures de chèvres avant la première épée

On l'a rejoué sur Wii U, dans la version HD de 2016, et le début reste un mur. Link est garçon de ferme au Village de Toal. Pendant les premières heures, on rassemble des chèvres, on pêche, on cherche un chat, on récupère un lance-pierre pour les enfants du village et on apprend à monter Epona. Chaque système arrive avec son tutoriel, et on n'entre dans le premier donjon qu'au bout de deux à trois heures. En 2006, cette lenteur passait pour de l'installation. En 2026, elle fait décrocher.

La suite démarre enfin quand le Crépuscule tombe sur la Forêt de Firone. Link se transforme en loup, une créature moqueuse s'installe sur son dos, et le jeu trouve son ton. Le loup renifle les pistes, creuse, entend les esprits, et chaque région plongée dans l'ombre doit être rendue à la lumière en récoltant des larmes de lumière sur des insectes géants. C'est la partie la plus répétitive du jeu, et la version HD a eu raison de la raccourcir en passant de seize à douze larmes par région.

Midona porte l'histoire sur son dos

Midona est la raison pour laquelle on se souvient de Twilight Princess. Elle arrive comme une peste qui se sert de Link pour ses propres affaires, elle ricane, elle bâille, elle se moque de tout le monde, et le jeu prend le temps de la faire changer sans jamais l'adoucir complètement. C'est le meilleur personnage secondaire de la série, et de loin le mieux écrit des compagnons de Link. Tout ce qui la touche fonctionne, jusqu'à une fin qui reste dans la tête longtemps après le générique.

Xanto, l'usurpateur du monde du Crépuscule, commence en figure menaçante et finit en caricature qui gesticule, et le récit autour de Midona tient beaucoup moins bien qu'elle. Ganondorf revient un peu comme une obligation, avec une grande scène finale mais très peu de présence avant. Les habitants de Toal, d'Iria à Colin, restent des silhouettes qu'on ne cherche pas vraiment à sauver pour eux-mêmes.

Les donjons parmi les meilleurs de la série

Quand Twilight Princess entre dans un donjon, il n'a presque pas de rival. Le Temple Abyssal oblige à faire tourner des escaliers pour guider l'eau d'un étage à l'autre. Les Ruines des Pics Blancs sont un manoir habité par un couple de yétis, où l'on cherche des ingrédients pour une soupe entre deux salles gelées. La Tour du Jugement fait chasser des spectres avant de lâcher Link sur des rails avec l'Aérouage, et Célestia fait voler de grappin en grappin au-dessus du vide avec le Double-Grappin. On en compte neuf, longs et soignés, avec des boss qui en imposent.

Le Boomerang Tornade, l'Aérouage ou le Bâton Anima sont brillants dans leur donjon, puis ne servent presque plus ailleurs, et on finit l'aventure avec un inventaire plein d'outils à usage unique. Le jeu a aussi peu de difficulté. On meurt rarement, les cœurs pleuvent et les boss tombent au troisième coup bien placé, ce que le mode Héros de la version HD corrige en partie.

The Legend of Zelda: Twilight Princess, capture d'écran

Un combat plus riche qu'on ne le croit

Le combat à l'épée a de la matière. Un loup doré apparaît au fil de l'aventure et mène Link vers l'Esprit du Héros, un chevalier squelette qui lui apprend sept techniques secrètes, du coup de bouclier au coup de grâce sur un ennemi au sol. Elles transforment des combats simples en duels où l'on place un coup de bouclier pour ouvrir la garde, puis une attaque sautée pour finir. Les combats à cheval sont une autre réussite, surtout la joute sur le Pont d'Ordinn contre le roi des Bulblins, qui reste une des séquences les plus spectaculaires de la saga.

Entre deux donjons, la Plaine d'Hyrule déçoit davantage qu'à l'époque. Elle est grande, découpée en zones reliées par des couloirs, avec peu à y faire hors des trajets. Le filtre brun et doré qui recouvre tout le jeu a aussi pris un coup, et il donne à certaines régions une teinte délavée. Twilight Princess visait le réalisme, et ce choix vieillit plus vite que le dessin animé de son prédécesseur.

La version HD et comment y jouer en 2026

Le remaster de Tantalus, sorti le 4 mars 2016, retouche les textures, passe en 1080p et adoucit le halo lumineux de l'original. La carte reprend l'orientation GameCube avec un Link gaucher, et le mode Héros, disponible d'entrée, inverse le monde comme sur Wii, double les dégâts et supprime les cœurs au sol. Le GamePad sert à changer d'objet sans pause, à viser au gyroscope et à passer d'une forme à l'autre d'une pression sur l'écran. La bourse passe de 300 à 500 rubis, une lanterne signale les spectres à chasser, et l'amiibo Link Loup ouvre un donjon bonus de quarante étages à traverser en loup. Les tampons Miiverse, eux, ne servent plus à rien depuis la fermeture du service en 2017.

L'eShop de la Wii U a fermé en mars 2023, et y jouer aujourd'hui demande le disque et une Wii U, qui lit aussi le disque Wii d'origine. Twilight Princess n'est sorti ni sur Switch ni sur Switch 2. L'informateur Nash Weedle affirme entendre de nouveau parler d'un remaster, mais Nintendo n'a rien annoncé. Le jeu aura vingt ans le 8 décembre chez nous.

Notre verdict en 2026

Twilight Princess est un très bon Zelda, avec la meilleure série de donjons de l'ère 3D classique et un personnage, Midona, qui vaut le voyage à lui seul. Il reste aussi le plus prudent de sa génération. Il refait Ocarina of Time en plus grand, commence trop lentement, remplit ses régions de collectes et a moins bien vieilli visuellement que Wind Waker. Comptez une trentaine d'heures pour l'histoire et plus de cinquante pour tout finir. Si vous aimez les donjons à énigmes et que vous avez une Wii U, la version HD est un passage obligé. Si vous cherchez un premier Zelda en 3D, commencez plutôt par l'épisode en cel-shading.

The Legend of Zelda: Twilight Princess, capture d'écran

En résumé

16/20 Excellent

Pour qui

Ceux qui aiment les Zelda à donjons et à énigmes, et ceux qui ont gardé une Wii U sous la télé.

Pas pour qui

Ceux qui supportent mal les débuts lents et les collectes, et ceux qui veulent un premier Zelda en 3D qui a mieux vieilli.

Fiche technique

Studio
Nintendo EAD
Éditeur
Nintendo
Sortie
19 novembre 2006
Durée principale
30 h
Durée 100 %
56 h
Metacritic
96/100
Plateformes
Nintendo GameCube, Wii, Wii U
Genres
Aventure, Action-aventure

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