Jaquette de Lies of P

Test de Lies of P

Armes à assembler, bras Légion, garde parfaite et des boss inoubliables : Lies of P est le meilleur Souls-like hors FromSoftware.

Publié le 5 min de lecture Action-aventure Action-RPG Souls-like
15/20
Excellent La note de JoueurLibre
Durée ~30 h 55 h pour le 100 %
Prix 29,99 € constaté au jour du test
Sortie 2023 19 septembre 2023
Ce qu'en pensent les autres
JoueurLibre 15/20
Presse (Metacritic) 80/100
Joueurs (Steam) 92 %
Communauté (IGDB) 8.4/10

On aime

  • L'assemblage lame et manche, une vraie idée qu'aucun autre Souls-like n'a
  • Le bras Légion, du grappin au lance-flammes, qui répond à chaque mur
  • La garde parfaite, exigeante et lisible, qui récompense le face-à-face
  • Des boss à deux phases dont on se souvient, Laxasia en tête
  • Krat, un Bloodborne de la Belle Époque avec sa propre lumière
  • Le mensonge qui change le reflet, la mémoire et la fin
  • Une bande-son au gramophone qui donne au jeu sa mélancolie
  • Deux modes plus doux depuis 2025, sans rien retirer
  • Overture, une extension à la hauteur, et un portage Switch 2 exemplaire

On regrette

  • Des niveaux plus linéaires qu'un Dark Souls, Krat ne se referme jamais sur elle-même
  • Un premier tiers qui met du temps à trouver son rythme
  • Une fenêtre de parade serrée qui rebute les habitués de l'esquive
  • L'usure des armes à surveiller en plein combat
  • Une histoire qui garde ses cartes trop longtemps
  • Pas de doublage français

Krat est la ville où les pantins ont cessé d'obéir

On se souvient de l'annonce en 2021, un Souls-like coréen inspiré de Pinocchio, et de la moitié d'Internet qui rigolait. Plus personne ne rit. Lies of P se passe à Krat, une ville de la Belle Époque bâtie sur l'Ergo, une énergie tirée d'une pierre qui a enrichi la cité et permis à Geppetto de fabriquer des pantins pour tout faire à la place des hommes. Puis vient la Frénésie. Les pantins se retournent contre leurs maîtres, une maladie de pétrification ronge ceux qui ne sont pas encore morts, et vous vous réveillez dans une gare avec une lampe qui parle, Gemini, et une voix, Sophia, qui vous guide vers l'Hôtel Krat. Vous êtes P, un pantin qui, contrairement aux autres, peut mentir.

Le studio Neowiz a lu Collodi de près et semé partout des clins d'œil qui ne sont jamais gratuits, le Renard et le Chat, un grillon dans une lampe, un Roi des pantins à la place de Mangiafuoco. La ville est superbe, dans un registre que Bloodborne a rendu familier, avec ses rues pavées, ses grands hôtels vidés et son opéra en ruine, mais sa lumière et sa propreté de vitrine brisée n'appartiennent qu'à elle. Le doublage anglais est excellent, le français se limite aux textes.

Lies of P, capture d'écran

Une lame et un manche avec la garde parfaite

Le combat est la raison d'y jouer, et il tient sur trois idées. La première est l'assemblage. Chaque arme se compose d'une lame, qui décide des dégâts et du type d'attaque, et d'un manche, qui décide des animations et de la façon dont l'arme profite de vos statistiques. On visse une tête de hache sur un manche de rapière et on obtient une arme qui n'existe dans aucun autre jeu, avec deux Arts de la Fable, les coups spéciaux, hérités de chaque moitié. On passe une heure devant l'établi à essayer des combinaisons absurdes, et on finit par en garder une.

La deuxième idée est le bras Légion, ce bras gauche mécanique qu'on remplace par un grappin, un lance-flammes, un bouclier ou un canon, et qui apporte une réponse à chaque montée de difficulté. La troisième est la garde parfaite. Bloquer au bon moment annule les dégâts, use la posture de l'ennemi et finit par le mettre à genoux pour une attaque décisive. Bloquer un peu tard encaisse une partie des dégâts, qu'on peut récupérer en frappant comme dans Bloodborne, mais abîme l'arme, qu'il faut affûter à la meule en plein combat. Le tout se règle au P-Organ, un arbre de compétences qui donne des soins supplémentaires, une esquive plus souple ou une seconde chance.

Ce système exige beaucoup et rend autant. La fenêtre de parade est serrée, plus encore que dans Sekiro, et les premières heures sont rudes pour qui arrive d'Elden Ring avec ses habitudes de roulade. Une fois qu'on a compris que Lies of P se joue de face et non de côté, chaque affrontement devient un dialogue. Le jeu a aussi la bonne idée de ne jamais vous laisser démuni. Quand les fioles de soin sont vides, frapper en recharge une, ce qui pousse à attaquer plutôt qu'à fuir. Depuis la mise à jour de juin 2025, deux modes de difficulté plus doux s'ajoutent au mode d'origine. On les a essayés, et ils rendent le jeu plus abordable sans le vider.

Des boss qui restent en tête

Un Souls-like vaut ce que valent ses boss, et la liste est belle. Le Maître de la Parade ouvre le jeu comme un tutoriel géant. Viennent ensuite l'Archevêque déchu, l'Aîné de la Confrérie du Lapin noir, Victor le Champion, le Roi des pantins, Laxasia la Complète qui vous apprend la patience à coups de foudre, et une dernière ligne droite qu'on ne racontera pas. Presque tous ont deux phases, avec un vrai changement de rythme au milieu et une mise en scène qui sait faire monter la tension avant de la relâcher. On a mordu la poussière quinze fois devant Laxasia, on a ragé, on a recommencé, et ce genre de nuit, on ne la passe que devant les bons jeux.

Le bestiaire ordinaire suit, avec des pantins cassés qui se traînent, des chiens de cirque, des hommes changés en pierre et des ennemis d'élite qui gardent des raccourcis. Les niveaux se déplient comme il faut, avec des portes qu'on ouvre de l'autre côté pour revenir au point de repos le plus proche. L'ensemble reste pourtant plus linéaire qu'un Dark Souls. On avance de zone en zone, et Krat ne se referme jamais sur elle-même comme Yharnam. C'est le reproche le plus juste qu'on puisse lui faire, avec un premier tiers qui met du temps à trouver son rythme et une histoire qui garde ses cartes trop longtemps avant de les abattre au dernier acte.

Lies of P, capture d'écran

Mentir ou dire la vérité

Le mensonge du titre n'a rien d'un gadget. À plusieurs moments, un personnage vous pose une question, et vous choisissez de mentir ou non. Un pantin qui ment devient humain, et le jeu le montre sans jauge à l'écran. Votre reflet change, votre mémoire revient, et la fin que vous obtiendrez dépend de ce que vous avez choisi de dire, et à qui.

Les personnages qui gravitent autour de l'Hôtel valent qu'on revienne les voir entre deux zones, Antonia, Venigni le mécanicien excentrique, Eugénie qui forge vos bras, et Sophia, dont l'histoire est la plus belle du jeu. Les disques qu'on ramasse pour les écouter au gramophone donnent au jeu sa mélancolie, et la bande-son, du piano aux chœurs, fait le reste. Krat est une ville de conte, et le conte est cruel, comme l'original.

Trois ans après une référence hors FromSoftware

Lies of P était déjà bon le premier jour, et il est devenu meilleur. Les patchs ont adouci quelques boss trop injustes, et le jeu tourne rond partout, fluide sur PS5 en mode performance, sans caprice sur PC, et même sur Switch 2 depuis août 2026 dans une édition complète que la presse spécialisée juge exemplaire. Overture, l'extension sortie en juin 2025, remonte le temps jusqu'au zoo de Krat, ajoute une poignée de boss parmi les meilleurs de la série et une chasseuse nommée Léa, et a été élue meilleure extension aux Golden Joystick.

Quatre millions d'exemplaires plus tard, une suite est en développement, avec, si l'on en croit la fin d'Overture, une certaine Dorothy venue d'un autre conte. Comptez une trentaine d'heures pour l'histoire et le double pour tout voir, et le jeu se trouve régulièrement à moitié prix.

Neowiz a pris la formule de FromSoftware sans la copier. Il y a ajouté une vraie idée d'assemblage, un bras qui change la donne et une garde qui récompense le courage plutôt que la fuite, et il a habillé le tout d'un conte qu'on connaît par cœur sans l'avoir jamais vu ainsi. Il lui manque la respiration d'un monde qui se referme sur lui-même et une écriture qui ose plus tôt. Il ne lui manque rien d'autre.

Lies of P, capture d'écran

En résumé

15/20 Excellent

Pour qui

Ceux qui ont fini Bloodborne et Sekiro en cherchant le prochain, et ceux qui veulent un Souls-like avec de vraies idées à lui.

Pas pour qui

Ceux qui jouent à l'esquive et refusent d'apprendre la parade, et ceux qui attendent un monde ouvert qui se plie sur lui-même.

Fiche technique

Studio
Neowiz (Round8 Studio)
Éditeur
Neowiz
Sortie
19 septembre 2023
Durée principale
30 h
Durée 100 %
55 h
Metacritic
80/100
Steam
92 % d'avis positifs
Prix indicatif
29,99 €
Plateformes
PC, PlayStation 5, PlayStation 4, Xbox Series X|S, Xbox One, Nintendo Switch 2
Genres
Action-aventure, Action-RPG, Souls-like

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