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Les notes en un coup d'oeil
Points forts
- Une histoire bien écrite, y compris dans les quêtes annexes
- La synergie entre les sept armes et les pouvoirs de Faie
- Les magilithes, qui apportent une vraie variété de styles de jeu
- Une direction artistique HD-2D somptueuse
- Le doublage des personnages, rare dans le genre
- Une bande-son qui change de visage à chaque époque
- Une durée de vie idéale, ni trop courte ni gonflée
Points faibles
- Faie, attachante sur le papier, vite envahissante
- Des coups peu précis dans leurs directions
- Une IA ennemie beaucoup trop passive
- Un bestiaire pauvre, à coups de recolorations
- Heuria et Faie qui commentent absolument tout
- Des énigmes rarement inspirées
- Des combats qui perdent toute tension sur la longueur
Mille ans pour lever une malédiction
Elliot est orphelin, aventurier, et pas franchement destiné à sauver le monde. C'est pourtant lui que le roi envoie fouiller des ruines au-delà des murs du royaume d'Huther, et lui qui tombe sur la Porte du temps. La princesse Heuria, dont la magie tient la barrière protectrice du royaume, vient d'être frappée par une malédiction, et le seul moyen de la briser consiste à remonter mille ans d'histoire. Quatre âges à parcourir, celui de l'Égide où vit Elliot, celui du Renouveau, celui de la Magie et celui de l'Éveil, pour comprendre comment les hommes ont appris à manier le pouvoir avant de le laisser leur échapper. Le récit ne cherche jamais la complexité pour la complexité, mais il est écrit avec un soin qu'on ne voit plus si souvent. Les personnages secondaires ont des vies, des rancunes, des raisons, et les tensions entre humains et hommes-bêtes irriguent l'ensemble sans jamais virer au sermon.

Une épée, une fée, et une vraie idée derrière
Sept familles d'armes, dont deux équipables en même temps, et une fée amnésique du nom de Faie que l'on dirige au stick droit. C'est là que le jeu tient debout. L'épée, la lance, l'arc, le boomerang, le marteau, la faux et les bombes ne servent pas seulement à taper différemment, ils s'articulent avec les six pouvoirs que Faie débloque au fil des sanctuaires. L'Embrasement fait détoner une bombe à distance au moment exact où on la veut, la Téléportation replace Elliot dans le dos d'un ennemi pour déclencher un coup critique, la Rafale sert autant à traverser une salle qu'à recoller à une cible qui fuit. La parade parfaite étourdit, le dos de l'adversaire fait mal, et l'enchaînement sans encaisser un seul coup augmente le butin. Rien de révolutionnaire, mais un ensemble cohérent, lisible, agréable à manipuler pendant des heures.

Les magilithes, la vraie bonne surprise
Le jeu ne distribue pas de points d'expérience. Toute la progression passe par l'équipement, et surtout par les magilithes, ces éclats que l'on sertit dans les armes dans la limite d'une capacité fixe. Un tranchant qui projette des ondes à distance, une chance de critique gonflée, des ennemis qui s'enflamment au contact, des bombes plus dévastatrices mais plus lentes à exploser. Chaque effet coûte des points, les plus forts en dévorent beaucoup, et il faut donc renoncer à quelque chose pour en gagner un autre. Les doublons se transforment en fragments qui servent à en fabriquer de nouveaux, si bien qu'on ne fouille jamais un coffre pour rien. C'est le système qui donne au jeu sa variété, celui qui pousse à refaire son sac avant un donjon, et il est réussi.

Le HD-2D à son meilleur, et des voix qui portent
Square Enix connaît sa recette et la sert ici à un niveau rarement atteint. Les sprites expressifs posés sur des décors en trois dimensions, les jeux de profondeur de champ, la lumière qui change complètement de température selon l'époque traversée, tout cela compose une aventure magnifique à regarder du premier au dernier écran. La bande-son suit le même chemin avec quatre ambiances distinctes, du violon à la guitare acoustique, qui donnent à chaque âge son identité sonore. Le doublage des personnages, en japonais comme en anglais, ajoute une épaisseur que les Zelda-like s'autorisent rarement, et il faut saluer une traduction française d'excellente tenue. Sur le plan de la présentation, il n'y a tout simplement rien à jeter.

Là où l'aventure s'essouffle
Les problèmes viennent d'ailleurs, et ils sont nombreux. Les coups manquent de précision dans leur direction, ce qui donne des attaques parties de travers dès que plusieurs ennemis s'agglutinent. Ces mêmes ennemis restent d'une passivité désarmante, plantés à attendre leur tour, ce qui vide les affrontements de toute tension une fois les premières heures passées. Le bestiaire n'aide pas, avec ses recolorations à répétition d'un âge à l'autre. Les énigmes, elles, se contentent le plus souvent d'appliquer le pouvoir que l'on vient d'obtenir sans jamais chercher à croiser les outils entre eux. Et puis il y a le bavardage. Faie commente absolument tout, Heuria intervient par télépathie à la moindre occasion, et cette omniprésence verbale finit par casser le rythme d'une exploration qui n'en demandait pas tant. Faie a beau être utile manette en main, elle est aussi le personnage qu'on aimerait le plus pouvoir couper.
Vingt à trente heures qui ne trichent pas
Le meilleur argument du jeu, au fond, c'est sa mesure. Comptez une vingtaine d'heures pour boucler l'histoire, vingt-cinq à trente en prenant le temps de fouiller, sans le moindre remplissage artificiel pour gonfler le compteur. Les quêtes annexes valent qu'on s'y arrête, certaines étant plus touchantes que la trame principale, et l'exploration récompense la curiosité avec une régularité qui donne envie de retourner chaque caillou, chats cachés compris. Il faudra composer avec plusieurs fins, dont les premières laissent sur leur faim et dont la véritable se mérite. Ce n'est pas le grand Zelda-like que le studio semblait viser, mais c'est une aventure sincère, généreuse et joliment écrite, qui souffre surtout de combats trop mous pour la qualité de tout ce qui les entoure.
Pour qui ?
Les nostalgiques des Zelda 2D qui cherchent une aventure bien écrite, généreuse et magnifique à regarder.
Pas pour qui ?
Ceux qui attendent des combats exigeants, un bestiaire riche et des énigmes qui résistent.
Données du jeu
| Studio | Square Enix Creative Studio 5 |
|---|---|
| Éditeur | Square Enix |
| Date de sortie | 18 juin 2026 |
| Plateformes | PC, PlayStation 5 |
| Durée principale | 16h |
| Durée 100% | 33h |
| Metacritic | 78/100 |
| Steam | 78% d'avis positifs |
| Prix indicatif | 59.99 € |