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Les notes en un coup d'oeil
Points forts
- Direction artistique en cel-shading somptueuse, proche du style animation, avec des couleurs lumineuses et une vraie personnalité visuelle
- Bande-son très réussie, chaque biome a son thème musical mémorable, les musiques restent en tête longtemps après avoir posé la manette
- Quatre classes véritablement différentes dans leur rythme et leurs mécaniques (Sentinelle, Pyroclaste, Brise-Roche, Chasseur d'Ombres)
- Biomes variés et soignés, chacun avec son identité propre, ce qui donne envie de progresser juste pour voir la suite
- Gameplay fluide et intuitif à la manette, combos lisibles, esquives réactives
- Compagnons Umbra bien pensés pour rendre le solo viable sans le rendre trivial
- Jeu complet sans boutique cosmétique ni microtransactions, tous les skins se débloquent en jouant
- Inclus dans le Xbox Game Pass, 24,99€ sans abonnement, un prix honnête pour le contenu proposé
- En duo, l'expérience gagne vraiment une dimension que le solo ne donne pas
Points faibles
- Répétitivité des missions qui s'installe progressivement après une dizaine d'heures
- Variété des ennemis insuffisante sur la durée, on finit par reconnaître les mêmes patterns
- Narration correcte mais sans aspérités ni moment fort mémorable
- À 3 ou 4 joueurs, la lisibilité de l'écran risque de partir en vrille (pas testé, mais très probable)
- Pas de crossplay ni de matchmaking, impossible de jouer avec des inconnus
- End-game un peu creux une fois le scénario principal terminé
Un jeu qui a failli finir dans les limbes
Towerborne est sorti en version 1.0 le 26 février 2026, sur Xbox Series X|S, PS5 et PC via Steam. Derrière le jeu se trouve Stoic Studio, le studio texan connu pour la trilogie The Banner Saga, ce qui ne manque pas d'étonner tant le registre est différent. Là où Banner Saga était sombre, mélancolique et narrativement chargé, Towerborne est coloré, musclé, et pensé pour être joué à plusieurs.
L'histoire du projet avant sa sortie est particulière. Initialement prévu en free-to-play, Towerborne a lancé son accès anticipé sur Steam en septembre 2024 dans une relative indifférence : moins de 1 000 joueurs au pic, puis une chute vers quelques dizaines de connectés simultanément. En réponse, Stoic et Xbox Game Studios ont pris la décision de tout repenser : changer de modèle économique, rendre le jeu entièrement jouable en solo et hors ligne, fermer la boutique cosmétique et sortir une version 1.0 complète à 24,99 euros, incluse dans le Game Pass. Le résultat est là depuis fin février, et c'est une vraie bonne surprise.

Quatre classes qui se jouent vraiment différemment
La première bonne surprise de Towerborne, c'est la diversité des classes. Les quatre Aces jouables ne sont pas de simples reskins d'un même personnage. La Sentinelle mise sur le bouclier et le contrôle à courte portée, avec une résistance aux dégâts au-dessus de la moyenne. Le Pyroclaste inflige des dégâts en zone avec des effets de brûlure exploitables en combo. Le Brise-Roche frappe lentement mais fort, idéal pour briser les gardes des ennemis lourds. Le Chasseur d'Ombres joue sur la mobilité et la portée, avec des esquives rapides et des attaques à distance qui changent complètement le positionnement. On a surtout joué la Sentinelle et le Chasseur d'Ombres, et la différence de rythme entre les deux est vraiment marquée. Chaque classe donne envie de recommencer une session avec une autre approche.
Le système de compagnons Umbra, ajouté pour rendre le solo viable, fait son travail sans briser l'équilibre. Ces esprits accompagnateurs apportent des effets passifs ou actifs (zones de soin, explosions déclenchées sur les ennemis marqués) sans rendre les rencontres triviales. Le jeu reste tendu en solo, ce qui est la bonne nouvelle.

Un style visuel fort, une OST qu'on garde en tête
C'est probablement ce qui frappe le plus en lançant Towerborne pour la première fois. Le cel-shading adopté par le studio ne ressemble à rien d'autre : personnages et ennemis ont des contours épais, les couleurs sont vives et lumineuses, et chaque biome a une palette propre qui le rend immédiatement reconnaissable. On passe d'un désert rouge orangé à des cavernes de glace bleutées, puis à des forêts denses aux verts saturés. C'est beau, c'est soigné, et le soin apporté à l'identité visuelle de chaque zone donne envie de progresser juste pour voir la suite.
La bande-son suit le même niveau d'ambition. Chaque biome a son thème musical propre, et les compositions ont cette qualité rare de rester en tête plusieurs heures après avoir posé la manette. Ce n'est pas un détail dans un jeu de ce genre : une bonne OST rend les sessions de farming bien plus agréables sur la durée.

À deux, c'est vraiment autre chose
On y a surtout joué en duo en ligne, et c'est clairement là que Towerborne prend toute sa dimension. La complémentarité des classes n'est pas juste une affaire de marketing : jouer Sentinelle pendant qu'un partenaire joue Pyroclaste crée des opportunités de combo réelles (bloquer un groupe, le marquer, laisser les dégâts en zone faire leur travail). La communication n'est pas indispensable, mais quand les deux joueurs commencent à maîtriser les synergies entre classes, les combats gagnent une saveur particulière.
À 3 ou 4 joueurs, plusieurs tests de la presse pointent une lisibilité qui part en vrille. On ne l'a pas essayé dans cette configuration, et au regard de ce qu'on voit déjà à deux sur les gros pulls d'ennemis, ça semble tout à fait crédible. Le duo reste probablement le meilleur format. Seul bémol côté infrastructure : il n'y a pas de crossplay ni de matchmaking. On joue avec des amis ou pas du tout, ce qui est une vraie limite pour qui n'a personne de disponible.

La répétitivité, seul vrai reproche
Le genre beat 'em up porte en lui un risque de monotonie, et Towerborne n'y échappe pas complètement. Les missions suivent souvent la même structure : progresser sur la carte hexagonale, nettoyer des vagues d'ennemis, atteindre un boss. Le bestiaire, solide dans les premières heures, finit par boucler sur les mêmes types d'adversaires avec quelques variations visuelles. Ce n'est pas rédhibitoire sur 8 à 10 heures de jeu, mais ça se fait sentir.
L'histoire suit la même logique : correcte, posée clairement, avec des personnages attachants et un lore qui a de la consistance, mais sans jamais prendre de risque narratif. Pour un studio dont la marque de fabrique était l'écriture et la narration pesée, c'est un peu dommage. Towerborne ne cherche pas à raconter quelque chose de fort, et il s'assume pleinement comme un jeu d'action avant tout.
Un coup de coeur qu'on n'attendait vraiment pas
Towerborne n'avait pas les faveurs des pronostics. Un accès anticipé raté, des chiffres de joueurs embarrassants, un pivot de dernière minute : tout ça aurait pu donner un jeu rafistolé. Ce n'est pas ce qui est arrivé. La version 1.0 est propre, généreuse et sincère dans ce qu'elle propose : un beat 'em up beau, bien animé, avec une OST réussie et des classes qui donnent envie d'explorer plusieurs approches. La presse internationale lui donne 73 sur Metacritic, ce qui semble un peu sévère au regard de l'expérience réelle.
À deux, c'est un vrai plaisir. En Game Pass, c'est une découverte facile à recommander sans conditions. En dehors du Game Pass, les 24,99 euros restent justifiés si on sait dans quoi on met les pieds : un beat 'em up bien réalisé, meilleur à deux, avec une durée de vie honnête mais pas infinie. La note de 13/20 reflète un jeu solide qui tient ses promesses sur l'essentiel, mais qui aurait mérité un peu plus de variété pour viser plus haut.
Pour qui ?
Les joueurs abonnés au Game Pass qui cherchent un beat 'em up accessible et visuellement soigné. Ceux qui ont un ami avec qui jouer en duo, en ligne ou en local : l'expérience est vraiment différente et meilleure à deux. Les fans de Stoic Studio curieux de voir le studio dans un registre plus coloré et arcade. Et tous ceux qui apprécient les jeux qui ont une vraie patte artistique et une OST à la hauteur.
Pas pour qui ?
Les joueurs solo qui n'apprécient pas les jeux conçus avant tout pour être vécus à plusieurs : en solo ça fonctionne, mais ça ne donne pas le meilleur du jeu. Ceux qui attendent une narration forte depuis Banner Saga : Towerborne n'est pas ce titre, l'histoire est là sans vraiment surprendre. Et les fans de beat 'em up exigeants qui ont besoin d'un bestiaire immense et d'un end-game solide pour y revenir des dizaines d'heures.
Données du jeu
| Studio | Stoic |
|---|---|
| Éditeur | Xbox Game Studios |
| Date de sortie | 26 février 2026 |
| Plateformes | PC, PlayStation 5, Xbox Series X|S, Xbox One |
| Durée principale | 15h |
| Durée 100% | 30h |
| Metacritic | 73/100 |
| Steam | 70% d'avis positifs |
| Prix indicatif | 24.99 € |